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A Rouen, chez Guillaume de La Haye

LA LOCOMOTION DANS L'HISTOIRE

D’ordinaire ces gens ont cinq ou six chevaux Dedans leur escurie, outre ceux des carrosses Qui traisnent quelquesfois au bureau ces colosses.'

Ecoutez aussi Elis de Bons 1 et ses observations malicieuses « sur un carrosse mal attelé » :

J’Ay veu en allant au sermon,

Le carrosse d’une grand’ dame,

De marque, d’honneur, de renom,

Qui n’auoit plus rien que la frame,

Que quatre chevaux aveuglez Comme cottrez chargez de graisse,

De vieux colliers rompus meublez,

Traînoient en pleurant à la Messe.

Le Cocher d’un poil faulve estoit Qui auoit fort piteuse mine,

Lequel sans cesse les foüettoit.

Et leur faisoit ployer l’eschine :

le luy ai dit, parlant tout bas,

Cocher ouvre l’oreille, escoute Ces chevaux ne te sentent pas Car ils sont d’os et ne voient goutte.

Arnaut-le-Peteux, au dire de Bastard2 est le premier garçon de la ville qui ait eu un carrossé . Les carrosses sont en effet interdits aux célibataires, au moins, par l’usage. A tel point que Louis XIII trouve inconvenant que Fontenay-Mareuil en ait un et le lui fait dire; à quoi Fontenay-Mareuil de répondre « qu’il s’alloit marier » (sic).

Pourtant ce rigorisme peu à peu diminue. La mode elle-même se transforme. La forme des véhicules devient plus gracieuse, plus élancée, moins massive et moins dure. Les anciens coches, appelés corbillards , assez voisins par l’aspect de nos voitures modernes des pompes funèbres, le cèdent définitivement aux carrosses. Les côtés de la voiture, dans ce genre nouveau de véhicule, le devant et le fond ne sont plus fermés de leurs mantelets de cuir ou d’étoffe, mais de parties pleines ajourées par des glaces; la saillie des portières n’existe plus. Ces dernières sont de la hauteur même de la voiture et garnies également de glaces.

A partir de 1620, le nombre des carrosses alla sans cesse

1. Le Paranymphe de la Cour. Rouen, chez Jacques Cailloüé, par Chaules Elis de Bons, né à Falaise.

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