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Paris gui roule, par Geokges Bastard. Paris

LES CARROSSES DU GRAND SIÈCLE

s’accroissant. On ne compta plus les véhicules de Paris — lourdes, branlantes machines dit Challamel1, très haut perchées, mal suspendues, en bâtons de bois sculpté, avec des panneaux revêtus de drap. Dans l’intérieur, huit personnes se tenaient à l’aise. Le luxe consistait dans la finesse des draps, la beauté de l’attelage et l’habillement de la valetaille. François Micaire, maître sellier, et Jean de Saint- Blunon, menuisier, avaient obtenu (1614) l’autorisation de répandre une invention dont l’objet était de construire des carrosses commodes : mais l’invention, sans doute, ne devait pas être d’une grande perfection.

L’abondance de tant de véhicules ne tarda pas à rendre la circulation des piétons fort dangereuse. Les ordonnances de police se succédèrent pour régler les conducteurs : sous peine du fouet, il fut défendu aux meuniers et à leurs serviteurs de laisser courir leurs chevaux et mulets par les rues; aux charretiers et voituriers de monter sur leurs chevaux au lieu de les conduire par la bride, et de mener des chevaux attachés en queue plus haut que de trois2. Tallemant des Réaux dit que, vers ce temps-là, commença aussi l’habitude d’étendre de la paille devant le logis des malades pour ne point que les troublât le mouvement de tant de carrosses.

Paris, grâce à une activité aussi grande, se transforme, surtout le soir, quand s’allument tant de flambeaux, de torches, de falots alimentés d’une résine qui empeste mais dont la clarté est propice au voyageur attardé et l’aide contre les larrons toujours disposés à bien faire.

Par un précieux petit livre intitulé : Le guide de Paris contenant le nom et l’adresse de toutes les rues de ladite ville et fauxbourgs avec leurs tenans et aboutissans, etc., etc.3, on apprend qu’il existait déjà du temps de Louis XIII des carrosses ou coches de voyage pour quarante-trois villes de France 4. L’auteur dresse le tableau des adresses de ces coches et de leurs dates de départ. Une remarque amusante et qui jette un jour curieux sur la difficulté des voyages à

1. Augustin Challamel. Mémoires du peuple français depuis son origine jusqu’à nos ours.

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