Par le sieur Dechuyes-Lionnais. Paris
4. A savoir pour Abbeville, Alençon, Amiens, Angers, l’Auvergne, Bar-sur-Aube, Bayonne, Beauvais (deux) ; Bordeaux (deux), Bourges, Caen, Châlons-en-Champagne, Châlons-sur-Saône, Chartres, Chateau-d’Un, Château-Thierry, Compiègne, Dijon, Dourdan, Dreux, La Flèche, Fontainebleau, Laon, Lyon, Le Mans, Metz, Montdidier, Mortaigne (deux), Nancy (deux), Noyon, Orléans, Poitiers, Saint-Quentin, Reims, Rennes (deux), Rouen, Sedan, Soissons, Tours, Traverse de France, Troyes et Ville-Dieu.
LA LOCOMOTION DANS L’HISTOIRE
cette époque : à l’article du coche « d’Auvergne logé à la rue de la Caussonnerie, aux quatre fils Aymond » il est dit : « et part quand il peut. » Exception était faite pour le coche de Fontainebleau qui partait tous les jours, quand le roi y était. Ordinairement ces coches de voyage ne contenaient pas plus de huit personnes et ne partaient sans doute que lorsqu’ils étaient au complet. Le nombre ordinaire des chevaux pour ces véhicules en commun variait de cinq à six; ils devaient être conduits par deux cochers montés en postillon.
Les accidents commençaient à devenir fréquents. Ils augmentaient avec le nombre des carrosses. Témoin ce récit de Tallemant1 : «... une fois, en revenant de Saint-Cloud, ils versèrent. Il y avait huit personnes dans le carrosse. Comme il vit, lui qui estoit du côté que le carrosse avoit versé, que personne ne se plaignoit, il se mit à crier qu’il avoit la jambe rompeue; M1Ie Paulet qui estoit de la partie lui dit : « Vous vous trompez, c’est le bras, car on se « peut bien rompre un bras en tombant comme vous êtes tombé, « mais non une jambe. — Mademoiselle, répondit-il froidement, « chacun sent son mal : je sçay bien que c’est la jambe. » Elle vouloit luy prouver que non, quand, voyant qu’on envoyoit quérir un chirurgien, car ce n’estoit pas loing du village, il se mit à rire de toute sa force et leur dit qu’il ne « s’estoit rompu ny bras ny jambe. » Il arriva plusieurs fois que des personnes de qualité furent écrasées. En 1626, ce fut le comte de Pongibault, rue Neuve-des-Petits-Champs. En 1640, ce fut le célèbre historien André Duchesne. Un peu plus tard, le maréchal d’Estrées, n’étant encore que marquis de Cœuvres, manqua être assassiné à la croix du Tiroir (à la sortie de la rue du Coq) par le chevalier de Guise. Le marquis descendit de carrosse et prit son épée. Les assaillants prirent la fuite. Une autre fois l’équipage de Henri de Maupas, évêque d’Evreux, s’emporta et le prélat, après une agonie de deux jours, expira.
Le cardinal de Richelieu, averti par l’exemple encore récent d’Henri IV, s’entoure des plus grandes précautions possibles. Il y a du fer à l’épreuve dans les mantelets, dans les cuirs du devant et du derrière de son carrosse2. Des agents secrets le précèdent, l’accompagnent, le suivent; une police exercée veille sur scs jours. Quand il se déplace, il semblerait que ce soit le monarque lui-même qui parte en voyage. Alors pages, musiciens, chanteurs, gardes et domes-