‹ La locomotion à travers l'histoire et les moeursChapitre 124 sur 247 · Rapportée par Bastard · texte numérisé non relu

Rapportée par Bastard

LA LOCOMOTION DANS L’HISTOIRE

— Que diriez-vous donc si je vous avais épousée?

Ne quittons point ce temps sans annoncer que la locomotion publique inaugurée par les départs périodiques de coches (primitives diligences) vers les villes principales du royaume, se trouva augmentée encore par l’établissement, à Paris, d’un service de chaises à bras, pour faire porter de rues à autres ceux et celles qui désireraient s’y faire porter. C’est là sans doute l’idée première de ces chaises à porteurs dont nous aurons si souvent à parler plus tard et qui nous offriront de si charmants sujets de digression. Mais là n’était point la seule entreprise de transports publics. Le fidèle Sauvai nous dit, en effet, qu’il existait, à la fin de Louis XIII et sous la minorité de Louis XIV, des voitures de louage pour le transport des voyageurs à travers la ville. L’entrepositaire de l’exploitation, Nicolas Sauvage, s’était établi rue Saint-Martin, vis-à-vis de la rue de Montmorency, dans une grande maison où pendait pour enseigne l’image de Saint- Fiacre. Nicolas Sauvage louait des carrosses à l’heure ou à la journée à ceux qui se présentaient. Ces voitures prirent le nom du saint patron. Elles le conservent encore aujourd’hui.

LOUIS XIV — CÉRÉMONIES FUNÈBRES ET MILITAIRES RÉJOUISSANCES DE VERSAILLES — CORTÈGES CARROUSELS

La première cérémonie somptueuse du règne de Louis XIV où l’apparat des chars se mêla le plus à la magnificence des tentures fut celle des funérailles du roi Louis XIII. Le vendredi 15 mai 1643, la population de Paris1, précédée de ses prévôts et échevins, de ses compagnies d’archers revêtus de hoquetons, et de ses sergents de ville portant encore la robe mi-partie, comme au temps de Charles VI, envahit le parcours de la croix du Roule. A trois heures de l’après-midi, le régiment des gardes françaises, les mousquetaires, les cent-suisses, paraissent à leur tour venant de Saint-Germain-en- Laye et entourent le carrosse royal tendu de deuil, dans lequel, au lieu de la longue et maigre figure de Louis XIII , on n’apercevait, que la physionomie altérée d’Anne d’Autriche et celle du petit roi Louis XIV.

.. Histoire de Paris et de ses Monuments, par Eugène de la Gournerie.

D'après Van <ier Meulea.

LES CARROSSES DU GRAND SIÈCLE

Ainsi fut le premier cortège de ce prince qui, plus tard, devait en avoir de magnifiques. Louis, qui fut le monarque le plus fastueux qu’on ait vu jamais, fit à Paris son entrée dans un carrosse de deuil. 11 est vrai qu’à cette époque les carrosses de deuil avaient souvent la majesté et l’apparat des carrosses de fêtes. Ainsi pourrons-nous en juger à travers les descriptions que Mme de Sévigné et le duc de Saint-Simon nous légueront, et que Voltaire, après eux, reprendra.

Dans la Pompe funèbre du très pieux et très puissant prince Albert d'Autriche , dessinée par Jacques Francquart et gravée par Corneille Galle en 1623 *, nous avons la description détaillée d’un convoi de funérailles royales. L’extraordinaire apparat qui entoura la cérémonie mortuaire des obsèques du prince Albert d’Autriche fut commandé à Bruxelles par les soins de l’Infante Claire-Eugénie, petitefille de Charles-Quint et veuve du noble prince.

« L’ordre étant donné pour sortir d’un pas tard, disent les chroniques, commencèrent à marcher deux officiers de la cour montrant le chemin du deuil, suivis des serments (assermentés) de la ville, et de ceux du grand Serment, traînant leurs armes et enseigne noires, avec fifres et tambours, couverts de deuil et du blason de Son Altesse. »

Après les membres de la famille, les représentants de l’État, venaient :

Un maître de cérémonies de Sainte-Gudule, conduisant 400 pauvres, vêtus de drap noir, de la part de leurs Altesses, avec des chaperons de deuil, ayant en main un cierge jaune allumé portant deux blasons; 40 Minimes, 55 Capucins; 56 Franciscains dits Bogaerden; 130 Augustins; 106 Dominicains; 116 Carmes; 88 Cordeliers; les Révérendissimes évêques; les Illustrissimes et Révérendissimes Archevêques; les chefs d’office, palefreniers, acheteurs, maîtres de salles des dames, huissiers de viande; courriers, sauciers, sommeliers de la paneterie, sommeliers de la cave, tapissiers, apothicaires, barbiers, médecins, le premier dépensier, le maître de l’écurie des mulets et douze écrivains de la chambre, etc.

Enfin étaient représentées les provinces : d’abord trois hérauts d’armes; puis, à l’enseigne de chaque ville, un cheval entièrement houssé, harnaché, sellé, empanaché, à ses couleurs particulières, conduit par deux écuyers et suivi par le palefrenier. Alors c’étaient

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