Antiquités de Sauvai, t. I, p
LES CARROSSES DU GRAND SIÈCLE
de la Cour, ne faisaient aucune difficulté de s’en servir pour venir au Châtelet et au Palais : ce qui les fit augmenter de prix d’un so jusque-là que le duc d’Enghien s’en est servi par occasion. Mais que dis-je? Le Roi, passant l’été à Saint-Germain où il consentit que tels carrosses vinssent, lui-même, par plaisir, monta dans un, et, du vieux château où il logeait, vint au nouveau trouver la Reine-Mère. Nonobstant cette grande vogue, l’usage de ces carrosses, trois ou quatre ans après leur établissement, fut si méprisé qu’on ne s’en servoit presque plus, et ce mauvais succès fut attribué à la mort de Paschal, célèbre mathématicien, mais plus célèbre encore par ses Lettres au Provincial , car, à ce qu’on a dit, il en étoit l'inventeur , aussi bien que le conducteur, et de plus l’on veut qu’il en eût fait l’horoscope et mise au jour, sous certaine constellation dont il aurait bien su détourner les mauvaises influences. »
Une lettre de Mmc Perrier, sœur de Pascal, à Arnault de Pomponne, apostillée de la main du grand écrivain viendrait autoriser la supposition de Sauvai. Toutefois elle n’est pas affirmée autrement ni ailleurs. Chacun sait que Pascal modifia et même inventa tout à fait certains véhicules à l’usage de l’industrie, la brouette , le haquet; mais l’histoire ne lui attribue pas exactement la paternité des carrosses à cinq sols.
L’intérêt que l’auteur des Pensées prit à l’installation de ces lignes de voitures en la commanditant de son argent; l’accident grave qui lui arriva au pont de Neuilly, alors que ses chevaux faillirent se noyer dans le fleuve, sont les seules anecdotes qui autorisent, avec le récit de Sauvai et celui de Mme de Sévigné, une supposition aussi importante.
LES VINAIGRETTES. — BERLINES.