CHAISES DE POSTE
Le D1' Martin Lister, à l’issue d’un voyage à Paris, dit, dans une relation publiée 1 : « Il y a ici un grand nombre de carrosses fort ornés fie dorure; mais il y en a très peu, et encore appartiennent- ils tous à la haute noblesse, qui soient grands et à deux fonds. Ce qui leur manque, en grandeur et en élégance, si nous les comparons aux nôtres de Londres, est amplement compensé par la commodité
1. A Journey lo Paris in Ikeyear -1698. London, Jacob Tonson, in-8, 243 pages.
LA LOCOMOTION DANS L’HISTOIRE
dont ils sont et leur facilité à tourner dans les rues les plus étroites. Dans ce but ils sont tous à cols de cygne avec les roues de devant très basses; elles n’ont pas plus de deux pieds et demi de diamètre. Il est bien plus aisé d’y monter, et le siège du cocher étant plus bas en conséquence, vous permet de voir quelque chose 'par la glace du devant, tandis que, chez nous, le cocher est, sur son siège élevé, le seul point de vue que nous ayons. »
« Il y en a pourtant encore une autre espèce dans cette ville que j’aurais voulu en premier lieu passer sous silence, la prenant d’abord pour quelque mauvaise plaisanterie. Ce sont les vinaigrettes, c’està-dire, une caisse de voiture sur deux roues, traînée par un homme et poussée par derrière par une femme ou un enfant ou bien par tous les deux à la fois. »
Ainsi le Dr Lister, le premier, parle des vinaigrette s.
Les carrosses dits modernes, les berlines, commencèrent, vers le milieu du règne de Louis XIV à devenir en usage (1677).
Deux ans plus tard, en 1679, dit Bastard, les premières chaises de poste sont inventées par un certain de la Gruyère. Le marquis de Crénan ne tarda pas à obtenir le privilège principal de ces véhicules nouveaux et les produisit sous le nom de chaises de Crénan. Les soufflets sont une des métamorphoses principales de ses chaises. Du moins par leur forme et leur légèreté sont-ils parents de construction.
Au chapitre suivant, nous reviendrons sur les uns et les autres de ces véhicules nouveaux. Pour ce chapitre-ci il a été consacré aux carrosses. La Bruyère qui les aimait, — (du moins le fait-il dire à Ménalque), - — - nous convie à relire ses admirables Caractères. Là encore vous retrouverez la justification et la raison d’être des carrosses et vous comprendrez pourquoi nous vous en avons entretenus si longtemps.
Ajoutons trois notes importantes qui précisent des origines dans l’histoire de la Carrosserie.
1° Les rideaux furent remplacés dans les grands carrosses par des glaces, à partir de 1599, année où Bassompierre les rapporta d’Italie. (Longuerana, 85.)
2° C’est à la femme d'un apothicaire de la rue Saint-Antoine, Sauvai, que l’on doit les ressorts suspendus et les mantelets de cuir. (Quicherat, Histoire du Costume, p. 472.)
Les chevaux anglais furent introduits en France, sous Henri IV, par Quinterot (1607).
XVIIIe SIÈCLE