‹ La locomotion à travers l'histoire et les moeursChapitre 140 sur 247 · Mémoires de Saint-Simon, t. XIT · texte numérisé non relu

Mémoires de Saint-Simon, t. XIT

2. D’où le nom de « mallier » donné au cheval des courriers et des messageries.

3. Le même M. de Veloyer imagina de vendre des lettres tout imprimées où étaient traités un grand nombre de sujets généraux de correspondances ordinaires. On n’avait plus qu’à ajouter à la main ce qu’on avait de plus particulier à dire à ses correspondants. En 1644, le public payait, pour le port d’une lettre de Paris à Lyon, quatre sous ; de Paris à Toulouse, cinq sous. (A. Challamel. Mémoires du peuple français .)

LA LOCOMOTION DANS L’HISTOIRE

Voici quelques détails sur la durée des voyages tels qu’ils s’accomplissaient à cette époque 1 ; Ramée les a consignés dans son ouvrage :

Un carrosse partait pour Strasbourg, rue de la Verrerie, à l’hôtel de Pomponne, le samedi, à 6 heures du matin; il arrivait le septième jour à Bar, le huitième à Nancy et le douzième à Strasbourg.

La diligence de Lille était suspendue, son bureau était rue Saint-Denis, vis-à-vis les Filles-Dieu. Elle restait deux jours en route. Les places étaient fixées à 55 livres, et on avait droit à la nourriture (sic).

Les carrosses pour Rouen dredi, à 4 heures précises du matin, et arrivaient les mardi, jeudi et samedi à midi. Les places étaient de 12 livres. Le bureau était hôtel Saint-François, rue Pavée, près des Grands-Augustins. Le bureau des voitures pour Rennes était aussi rue Pavée. Le carrosse pour Orléans partait tous les jours ; il restait en route, en été, deux jours; en hiver, deux jours et demi. La diligence pour Lyon partait à quatre heures précises du soir, quai des Célestins. Cette voiture contenait huit personnes. Elle était suspendue et mettait six jours à faire son parcours en hiver et cinq en été.

Le carrosse le plus rapide était celui de Chartres qui partait de la rue Contrescarpe, le vendredi à 6 heures du matin et arrivait à sa destination le lendemain.

Des voitures spéciales existaient pour les environs de Paris. Les carrosses qui conduisaient à Versailles, Marly, Meudon (où la cour habitait), partaient tous les jours du quai d’Orsay et du Pont-Royal.

Nous savons, grâce à Y Almanach du Voyageur à Paris2, que

1. Consulter : Almanach historique cle la province de Guienne, pour l’année commune 1783. Indicateur fidèle ou guide des voyageurs, de 1763, par Michel et Desnos. Almanach royal de 1761.

2. Almanach du voyageur à Paris, contenant une description intéressante de tous les monuments, chefs-d’œuvre des arts et objets de curiosité que renferme cette capitale; ouvrage utile aux citoyens et indispensable pour l’étranger, par M. T... Année 1783. Prix- 30 sols broché (A Paris, chez Ilardouin, libraire, rue des Prètres-Saint-Germain-l’Auxerrois, vis à vis de l’église ; et à Versailles, chez Poinçot, libraire, rue Dauphine).

oîRres pabli /ï Paris

AU COURS DU XVIIIe SIÈCLE.

le prix des véhicules était, dans l’intérieur de la capitale de : 1 8 sols pour la première heure et pour les brouettes ;

30 sols par course, pour les chaises à porteurs et pour la pre-

Page 1