‹ La locomotion à travers l'histoire et les moeursChapitre 143 sur 247 · Ministre ivre d’orgueil, tranchant du souverain · texte numérisé non relu

Ministre ivre d’orgueil, tranchant du souverain

Toi, qui, sans t’émouvoir, fais tant de misérables,

Puisse ta poste absurde aller un si grand train Qu’elle te mène à tous les diables !

LA LOCOMOTION DANS L’HISTOIRE

si vite qu’on commençait à s’exaspérer déjà de la lenteur des voyages. Quand on pense qu'il fallait huit jours entiers à un contemporain de Voltaire pour se rendre à Bayonne !

Cette incurie se prolongea, il est vrai, jusqu’à l’Empire; et les voyageurs ne profitèrent réellement de l’amélioration successive des routes que sous la Restauration.

Le 2 fructidor an VI de la République française, il y eut fusion des messageries de la rue Notre-Dame-des-Victoires avec les messageries de la rue du Bouloy.

Le 12 septembre 1791, l’Assemblée nationale législative, ayant ordonné l’établissement d’un service de postes sur toutes les routes pour le 1er janvier suivant, ce décret, ainsi que le rapporte Ramée,

nécessita la construction de cent vingt nouvelles malles de poste dont l’administration chargea les sieurs Delchet et Irison, en leur accordant une avance de 141500 livres.

Cette sorte de véhicule, destiné au service postal, était d’une construction inélégante et grossière. La partie principale consistait en un panier d’osier d’une assez grande hauteur, peint en noir ou en vert foncé. Ce panier contenait deux ou trois banquettes suspendues par des courroies et fut en usage jusqu’en 1820.

Malgré tout, il importe de dire qne la locomotion postale, que les messageries, les relais, les passages des routes, des ponts et des chaussées reçurent, dans cette seconde partie du xvme siècle, un développement appréciable. Certes les moyens de locomotion y apparaissent encore frustes et rudimentaires et d’une morne lenteur. Le retard des équipages, des cochers, des chevaux, amène, il est vrai,

la chute de la Royauté. Ah ! si la diligence qui emmena Louis XVI et sa famille sur la route de l’exil s’était hâtée un peu plus. Mais à ce moment-là la locomotion ne se hâtait jamais, quelle qu’elle fût. Le xixe siècle, et ses chemins de fer seuls pourront amener la formidable révolution locomotrice attendue par tous les citoyens.

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