‹ La locomotion à travers l'histoire et les moeursChapitre 218 sur 247 · PET F LE · texte numérisé non relu

PET F LE

logerie qui furent faits dans l’hôtel qu’occupait l’académicien rue de Charonne, au revers de la rue Saint-Antoine : « Dès trois heures, Sa Majesté fut chez l’inventeur, en compagnie de plusieurs officiers de

sa maison. Il prit place sur le fauteuil disposé en haut du perron pour que Sa Majesté pût voir sans fatigue se mouvoir la mécanique du cabriolet, à travers les allées du parc et sur la pelouse. Ce carrosse peut tenir deux personnes. Il est peint d’amarante liséré de bleu et rehaussé d'or. On aperçoit, entre les essieux, quatre roues engrenées deux à deux et que retiennent des rubans d’acier dentelé. Des chaînes communiquent avec une manivelle tournante sous la main du conducteur, de sorte qu’il n’est aucun besoin de cheval. Sa Majesté a félicité le mécanicien en lui demandant pareille voiture pour la remise royale. M. le duc de Mortemart, le baron d’Avezac et M. de Lauzun qui étaient là, en plus d’autres gens de cour, n’en pouvaient croire leurs yeux, tant c’est merveille.

« Le Roy a dit : Des gens du vulgaire vous penseront sorcier!

« Pourtant plusieurs de ces messieurs de l’Académie assurent qu’un appareil ainsi fait ne pourrait circuler dans les rues. »

L’invention de Dallery suivit celle de Cugnot. La voiture de Dallery, dite à chaudière tubulaire, circula dans les rues d’Amiens et fut ensuite exposée à Paris, en 1790, dans les ateliers du célèbre mécanicien Brézin, rue d’Enfer. A la même époque, en Angleterre, les mêmes recherches, poursuivies par William Symington, recevaient un commencement de réalisation.

Toutefois, durant tout le commencement du xixe siècle la voiture automobile le céda devant la locomotive elle-même. Le travail des voies ferrées accapara seul toute l’attention des savants. L’Angleterre fut le pays où les recherches furent poursuivies le plus opiniâtrement. Encore y doutait-on de la parfaite efficacité de la traction à vapeur, sans le secours des rails : « Il est très douteux, dit à ce propos un article de la Revue Britannique daté de 1828, que la vapeur

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