VOITURE DE DÉMÉNAGEMENT. — 1850. D’APRÈS UNE LITHOGRAPHIE DE V. ADAM
haute, il exista une locomotion particulière aux morts, qui, d’ailleurs, se présenta toujours avec apparat et respect. Ce culte se poursuivit à travers les âges et nous voyons, aujourd’hui encore, les morts célèbres transportés dans leurs caveaux au milieu de la pompe la plus solennelle et des honneurs les plus grands. Par une ironie un peu puérile, nous continuons à entourer la dépouille mortelle des puissants ou des sages de cette sorte de fétichiste admiration que nous prodiguâmes jadis à leurs personnes vivantes. Les jours de convois officiels, les drapeaux sont mis en berne et cravatés de crêpe, les régiments sortent, musique en tête, les populations entières se déplacent et viennent faire à l’illustre défunt un cortège imposant. Les fenêtres regorgent de monde, les monuments, envahis de curieux, sont noirs de public, une affluence prodigieuse porte le peuple vers la basilique tendue de deuil et vers les tambours voilés d’où sortent des sons funèbres. Tout un système de locomotion
LES VÉHICULES DE DIVERS USAGES
mortuaire s’ébranle : voici le char où, parmi des nuées de fleurs, repose le cadavre; voici, derrière, les voitures surchargées de trophées, de drapeaux, de couronnes, de larges bouquets. Le mort illustre passe salué par le respect bourdonnant de la foule.
Un autre jour, un cortège plus modeste sort d’une église de quar-