L. Baudry de Saunier
LA LOCOMOTION DANS L’HISTOIRE
tion furent faits en 1884 et 1885, sur deux modèles légers : un tricycle et un quadricycle. Plus tard furent établies des voitures à plusieurs places, puis des tracteurs qui pouvaient remorquer à la vitesse, inconnue jusqu’alors, de 45 kilomètres à l’heure, des breaks et des omnibus qui se sont toujours vaillamment comportés dans les diverses épreuves auxquelles ils ont pris part et qui ont placé leurs auteurs à la tête des constructeurs d’automobiles à vapeur do notre temps1. »
Les chroniqueurs prétendent que la vocation de M. de Dion est due à un simple hasard. M. de Dion, paraît-il. eut un jour l’idée d’acheter une petite locomotive, un jouet d’enfant, pour le fils d’un de ses amis. Il fut frappé du mouvement, étudia la mécanique et la construction. Et aujourd’hui sa maison, la première de France, produit ces magnifiques automobiles dont la légèreté, la rapidité et l’allure, font le délice des sportsmen et des voyageurs. L’anecdote, si elle n’est pas affirmée, est du moins vraisemblable. Oublie-t-on l’histoire de la marmite de Denis Papin?
Associé d’abord à MM. Bouton et Trépardoux, M. de Dion crée, en premier lieu, un générateur à grande surface de chauffe, « l’inconvénient majeur des automobiles à vapeur d’il y a dix ans consistant surtout en ce que la chaudière ne fournissait jamais assez de vapeur pour la consommation des cylindres ».
M. Serpollet, à son tour, apporta dans la construction des automobiles une participation importante. Au lieu de chauffer l’eau enfermée dans un récipient, on peut, grâce au système de M. Serpollet, chauffer un serpentin métallique de parois très résistantes et de tubage très étroit dans lequel on injecte, au moyen d’une pompe, de petites quantités d’eau à la fois, exactement les quantités qui lui sont utiles pour la conversion du liquide en vapeur, au fur et à mesure des besoins du cylindre2. L’inexplosibilité des chaudières Serpollet, ayant été reconnue officiellement, une décision ministérielle en autorisa la circulation dans Paris. Après ces importants travaux, on croyait close l’ère des découvertes automobiles. Mais les projets de MM. Panbard, Lcvassor et Daimler, exposés en 1889, l’invention des moteurs à gaz, dus à la construction d’ingénieurs allemands, assurèrent, en même temps que son perfectionnement, le colossal