‹ La locomotion à travers l'histoire et les moeursChapitre 239 sur 247 · Voir au Musée Carnavalet · texte numérisé non relu

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LES PROGRÈS DE L’AUTOMOBILISME

parties du monde en ballon et l’on en reviendra par terre!!!... Vous ne sauriez croire tout ce que l’avenir réserve à nos neveux et à nousmêmes?... Et je vous dirai, en confidence, que le ministère, qui pense à tout, vient d’inventer un moyen de faire éclore des armées de terre et de mer! C’est encore par la vapeur et ça se couvera comme des œufs... — Ah!... ah!... »

Sauf les armées de terre et de mer, le côté humoristique de cette légende s’applique parfaitement à l’insatiable esprit de progrès et d’amélioration qui anime depuis soixante ans les constructeurs de diétrich.

de tout ordre.

Inlassables, d’une bonne humeur et d’un zèle infatigables, les sportsmen de tout ordre,, faisant la nique aux vains systèmes comme aux jeunes chimères, avancent vers l’inconnu chantant à tue-tête :

Ronilant, chauffant, cornant, roulant,

Rois de la route et de la rue,

Nous voici donc au jour de l’an Ronilant, chauffant, cornant, roulant!

Fiers de l’étape parcourue,

Marquons ce jour d’un caillou blanc,

Ronflant, chauffant, cornant, roulant,

Rois de la route et de la rue...

Frères, laissons rager l’ancien Dont tout progrès fouette la bile,

Chauffons toujours, nous verrons bien Frères, laissons rager»l’ancien,

Place au cocher mécanicien!

Place au sapin automobile !

Frères laissons rager l’ancien.

Dont tout progrès fouette la bile !

Chauffons toujours, chauffons encor!

Filons vers l’horizon magique!

Chauffons toujours, chauffons encor !

Et puisse enfin gagner de l’or La boucherie hippophagique !

Chauffons toujours, chauffons encor!

Filons vers l’horizon magique1...

1. G. Davin de Champclos. Bonne année aux chauffeurs! chanson dédiée au baron de Zuylcn.

LA LOCOMOTION DANS L HISTOIRE

Affolés, les automédons et leurs vieux coursiers plient l’échine sous la menace; la poussière des temps, peu à peu, les ensevelit sous son voile épais et il ne restera plus d’eux qu’un souvenir d’ancien cauchemar.

Les locomotives et les wagons que viennent chaque jour modifier de nouveaux changements disparaissent devant de nouveaux modèles. C’est à la vue des différents types inventés de 1814 à 1894, — et combien nombreux sont-ils ! — que l’on conçoit la véritable philosophie du progrès qui, en toute chose, n’est jamais que relatif. Hier c’étaient les ballons, les chemins de fer, le télégraphe, le téléphone, le phonographe, le cinématographe, etc., etc. Aujourd'hui, ce sont les automobiles... Demain ce sera, outre l’aéroplane, le chemin de fer électrique!... Plus tard, plus tard enfin, vers l’an 2000, ce

tation universelle trouvé... l’inconnu sondé... le ciel à tous, la mer à chacun, la terre toute connue, l’espace vaincu, Dieu forcé!...

Ce qui ôte à ces prévisions toute valeur d’hypothèse, et, pour ainsi dire, en fait des réalités, c’est l’imperfection même de nos plus admirables et de nos plus riches découvertes! Rien de ce que nous avons trouvé n’est définitif... Le xix° siècle n’aura été, comme nousmêmes, qu’un initiateur, un tâtonnier en toutes choses, un chercheur iiévreux, un se-meur d’idées et de progrès dont le xxc siècle, plus positif, plus scientifique, plus pondéré, moins idéaliste et sentimental, réalisera sans doute les rêves.

Les hommes du xxc siècle ne comprendront rien à nos angoisses, à nos complexités, à nos inquiétudes, à nos mesquineries, à notre chauvinisme intempérant, à nos religions sectaires, à nos guerres civiles et internationales : en dépit des documents que nous nous sommes plu à accumuler à leur intention , ils ne pénétreront pas notre psychologie, nos états d’àme ; ils sentiront le ridicule de regarder en arrière, et mépriseront nos livres, nos monuments, notre art, nos tentatives vers le Beau; ils auront de nous une idée assez pauvre de bonnes gens un peu falots, faisant montre de scrupules

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