Pindare. Olympiades
3. Ilermogène de Xante (en Lycie) remporta, dit-il, huit victoires entrois Olympiades. Lasthine le Thébain battit un cheval dans l’arène, et Polymestor, jeune chevrier de Milet, attrapait un lièvre à la course.
L’ANTIQUITÉ. 13
véhicule entrait dans la lice. Cléosthène fut vainqueur à la course du char à quatre chevaux. »
Heureux Evagoras, heureux Cléosthène, assurés, grâce à Pindare,
de l’immortalité ! Quels cyclistes modernes ne payeraient pas chèrement le grand honneur d’être immortalisés par Pindare! Mais nos poètes nationaux sont sourds à ce char grec et char romain. genre de sport.
Nos Jacquelin,
nos Bourrillon, nos Bouhours risquent fort d’être méconnus dans quelques siècles !
Les bœufs, comme les chevaux, sont aimés des Grecs. Les médailles d’Argos et d’Étrurie nous ont conservé quelques-unes des images de Junon. Au revers de ces médailles la prêtresse Cydippe apparaît, se rendant au temple de la déesse sur un char traîné par un couple de bœufs *.
Chez les Grecs, des lois réglèrent bientôt l’emploi des divers chariots. La plus rigoureuse de ces lois fut celle de Solon qui ordonnait « que toute femme honnête ne devrait sortir la nuit, de chez elle, qu’en voiture et éclairée par une torche ». Mais ce rigorisme dura peu. Le luxe s’en mêlant, les chars ne tardèrent pas à redevenir les compagnons fidèles de plaisir et de jeux. Le caprice alla jusqu’à permettre d’atteler des mules à la place des chevaux dans les cirques publics. Un peu plus tard, la journée des Thermophories, fête consacrée à Déméter, devint le prétexte des premiers excès. A l’une de ces fêtes on vit un cortège de femmes pieds nus, qui accompagnaient le char sacré, à travers Athènes jusqu’au Thermophorion. Dans une autre ce fut le scandaleux spectacle de Thémistocle, accompagné de
1. « Il fallait absolument qu’un jourla prêtresse Cydippe se rendit au temple sur un char traîné par un couple de bœufs; comme le temps de la cérémonie pressait et qu’il ne permettait pas à Cléobis et Biton, fils de Cydippe, d’aller chercher leurs bœufs qui n’étaient point encore revenus des champs, ils se mirent eux-mêmes sous le joug, et, tirant le char sur lequel leur mère était montée, ils le conduisirent ainsi quarante-cinq stades jusqu’au temple de la Déesse ». — Ramée, d’après Hérodote (1. I, chap. 31).
LA LOCOMOTION DANS L’HISTOIRE
plusieurs hétaïres, qui traversa la ville dans une somptueuse biffa. Les chars devinrent les licencieux prétextes des Dyonisiaques et des fêtes d’Erôs.
Déjà nous sommes près de Rome...
Mais, pouvons-nous quitter la Grèce sans avoir parlé de Philippe, roi de Macédoine, et du grand Alexandre? On n’ignore pas que le père de Philippe de Macédoine, ayant reçu, de l’oracle d’Apollon, cette réponse, au sujet de la manière de sa mort : « Garde-toi des charrettes », fit détruire tous les chars et charrettes \ « Mais, dit Christine de Pisan, il fut déçu en son opinion, car Pesanias, le prince qui le tua en la bataille, portait, en ses devises et bannières, la figure de