‹ La locomotion à travers l'histoire et les moeursChapitre 88 sur 247 · Henri Martin. Histoire de France (t. I”r · texte numérisé non relu

Henri Martin. Histoire de France (t. I”r

DU MOYEN AGE A LA RENAISSANCE

Brunehaut, en matière de ponts et chaussées, adopta le système romain. Elle conserva l’emploi des larges dalles de pierre, aussi bien pour le pavage des villes que pour celui des routes. Mais ce pavage ne fut pas aussi perfectionné que celui des ingénieurs, romains, et peu à peu, l’emploi des voitures de luxe diminua pour laisser place à celui des divers transports guerriers ou commerciaux. Nombre de routes qui portent encore le nom de « chaussée Brunehaut » ou de « voie Brunehaut » attestent la véracité des récits historiques. Outre ce progrès dû à l’initiative romaine, les Francs adoptèrent encore l’organisation des postes impériales.

Cette organisation reçut, avec Charlemagne, un développement encore plus grand et s’étendit à toutes les parties de cet immense Empire d’Occident dont le grand monarque se trouva proclamé le maître. L’entretien des chaussées devint l’une des préoccupations principales de sa juridiction intérieure. Il en fit établir de nouvelles, une, entre autres, destinée au commerce et qui conduisit d’Allemagne à Constantinople1. Grâce à lui, les routes de toutes sortes devinrent aisément praticables, mais après sa mort, le démembrement du colossal Empire amena aussi la perturbation la plus grande dans les mœurs et les coutumes populaires. Les voleurs, les trafiquants, les bandits de toutes sortes se mirent à attendre le voyageur au coin des bois et le long des chemins et, se précipitant sur ses voitures, se firent un malin plaisir de le piller et de le battre. A la piraterie des Normands sur les côtes, s’ajouta le banditisme des Normands de l’intérieur. Les marchands d’Italie, de Provence, d’Esclavonie, de Bavière, de Neustrie essayèrent bien de réclamer. Louis le Débonnaire rendit un édit sévère contre tous les voleurs de grands chemins 2 ; mais l’édit resta lettre morte et le trafic continua. La locomotion sous les Francs n’a donc rien de bien attrayant ni de bien enchanteur. A moins d’être en nombre et de se trouver bien armés, il devint presque impraticable de pouvoir circuler à travers ces forêts de Bondy du moyen âge. Les messageries instituées par Charlemagne fonctionnèrent régulièrement sous le grand Empereur3. Mais, après lui, tout, hélas! s’en alla au gré de la discorde et de l’abandon.

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