‹ La locomotion à travers l'histoire et les moeursChapitre 89 sur 247 · Præceptum de Louis le Débonnaire, ann · texte numérisé non relu

Præceptum de Louis le Débonnaire, ann

3. L’établissement des messageries est attribué, dit-on, à l’Université de Paris. C’est vers l’an 800 de notre ère, le 32° du règne de Charlemagne, que cette institution commença de fonctionner.

LA LOCOMOTION DANS L’HISTOIRE

Les voies de communication ne redevinrent à peu près praticables (et encore n’est-ce qu’aux environs des villes) que sous la dynastie capétienne. Alors un autre inconvénient se produisit qui vint nuire au libre-échange et aux intérêts commerciaux : ce fut celui des péages. A chaque pont, à chaque porte de ville, à chaque relais, il fallut que le voyageur payât pour son cheval, pour sa voiture et pour lui-même. Encore n’est-ce qu’avec Philippe-Auguste que le trafic intérieur du royaume put reprendre son cours et que marchands et artisans purent recommencer à voyager à l’abri des Grandes Compagnies, des Jacques affamés et des Mauvais Garçons.

Ce roi, qui comprenait l’urgence d’une bonne administration nationale, sut bon gré aux Communes de la participation qu’elles avaient prise à la victoire de Bouvines, et c’est pour leur témoigner de sa reconnaissance qu’il aida sans doute aux facilités de la locomotion publique en commençant par ordonner le pavage des rues, et principalement des voies de Paris. Ainsi le rapporte la Chronique de Saint-Denis : Comme le roi allait se promenant dans les chambres de son hôtel, « pensant à ses besognes, il s’appuya à une fenêtre pour regarder la Seine et prendre l’air. Il advint en ce moment que des charrettes « qu’on charrioit parmi les rues » remuèrent si bien la boue et l’ordure dont lesdites rues étoient pleines, qu’une puanteur en issit si grande, qu’à peine la pouvoit-on souffrir; elle monta jusqu’à la fenêtre où le roi étoit. Il se détourna de la fenêtre en grande abomination de cœur, et, pour cette raison,... il manda le prévôt et les bourgeois de Paris et leur ordonna que toutes les rues et les voies de la Cité fussent pavées bien soigneusement de grès gros et forts... » « Ainsi, dit Challamel1, en conséquence de toutes ces mesures,. les voyages s’exécutèrent avec plus de sécurité, et les villes, plus belles à voir, attirèrent les étrangers2. La propreté des rues influa sur celle des habitants qui prirent quelques vagues idées du confort. Le goût des tournois et des fêtes, les cours plénières, les immenses réunions de la noblesse, les foires renommées, donnaient une activité nouvelle aux transactions commerciales... » Cette activité ne fera plus désormais que croître avec le développement des communes et l’extension des routes.

1. Auguste Challamel. Mémoires du peuple français depuis son origine jusqu’à nos jours.

2. Sous Philippe-Auguste les rues de Paris s’élevaient au nombre de quatre cents. Le roi ordonna d’abord de paver les deux principales rues de la Cité, qu’on appelait la Croisée de Paris.

DU MOYEN AGE A LA RENAISSANCE

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