ROLE JOUÉ PAR LE POIDS
trerai plus tard. Sans la part que le poids ou masse des créatures volantes prend au vol, les voyages prolongés des oiseaux de passage seraient impossibles. Quelques autorités sont même de l'opinion que les oiseaux dorment sur leurs ailes. Toujours est-il que l'albatros, ce prince de la tribu ailée, peut planer toute une heure sans battre une seule fois de l'aile. Cela ne peut se faire qu'en vertu du poids de Toiseau agissant sur les plans inclinés ou cerfs-volants formés, comme il a été dit, par ses ailes.
Le poids du corps joue un rôle important dans la marche et la natation, aussi bien que dans le vol. On peut dire qu'un bipède qui avance pas à pas et non par sauts, roule sur ses extrémités ^ le pied de l'extrémité qui se trouve sur le sol à ce moment étant le centre du cercle dont la circonférence est décrite par le tronc dans son mouvement de progression. De même manière on peut dire que le pied qui ne touche pas le sol et se balance en arrière à la façon du pendule, roule ou tourne sur le tronc, la tête du fémur étant le centre du coude dont la circonférence est décrite par le pied qui s avance. Un double mouvement de roulement est ainsi établi, le corps roulant sur une extrémité pendant le premier moment, l'extrémité roulant sur le tronc pendant le suivant. Durant ces mouvements, le corps s'élève et s'abaisse. Le double mouvement de roulement est nécessaire à la continuité du déplacement. S'il n'y avait qu'un mouvement, il y aurait des points morts ou haltes dans la marche et la course, semblables à ce qui se présente dans le saut. La
* Ceci est également vrai des quadrupèdes, c'est la partie posté* rieure du pied qui touche terre la première.
continuité de mouvement nécessaire à la progression de quelques bipèdes, Thomme par exemple, est en outre assurée par un mouvement de pendule des bras, aussi bien que des jambes , le bras droit se balançant en avant du corps pendant que la jambe droite se balance en arrière, et inversement. La jambe droite et le bras gauche avancent simultanément et alternent avec la jambe gauche et le bras droit, qui, de môme, avancent ensemble. Cela donne lieu à une double torsion du corps aux épaules et aux reins. Quand les jambes et les bras s'avancent, ils se meuvent suivant des courbes; les convexités des courbes décrites par le pied droit et la main gauche qui s'avancent ensemble pendant qu'un pas se fait, se dirigent en avant et forment, quand on les rapproche, une ellipse, plus ou moins symétrique. Si les courbes formées respectivement par les jambes et les bras étaient réunies, elles formeraient des lignes ondulées se coupant à chaque pas. Cela provient de ce que les courbes décrites par la jambe droite et la gauche se trouvent alternativement de chaque côté d'une ligne donnée, la môme chose étant vraie pour le bras gauche et le bras droit. On doit donc considérer la marche comme le résultat d'un mouvement de torsion diagonale dans le tronc et les extrémités. Sans ce mouvement, les vitesses acquises par les diverses portions de la masse mobile ne pourraient être utilisées. Comme la vitesse acquise par les animaux en marchant, nageant ou volant, forme un facteur important de ces mouvements, il faut que nous ayons une juste conception de la valeur à attribuer au poids pendant un déplacement. Chez le cheval en marche, l'enjambée est quelquefois d'environ cinq pieds, au trot de dix pieds, et au galop de