MOUVEMENT DE PENDULE DES MEMBRES
dix-huit pieds où plus. L'enjambée est en effet déterminée par la vitesse acquise par la masse du corps du cheval, cette vitesse portant les membres en avant ^
Quand un poisson nage, son corps se projette en une courbe double ou en forme de 8, comme dans la marche du bipède. La torsion du corps et la continuité de mouvement que cette torsion engendre, reparaissent. Les courbes formées par un poisson nageant ne sont jamais en nombre moindre que deux, une caudale et une céphalique. Elles doivent excéder et excèdent en effet ce nombre chez les poissons à long corps. La queue du poisson est mise en vibration à la manière du pendule de chaque côté de l'épine, pendant qu'elle va et vient dans l'acte de la natation. Elle tourne sur une ou plusieurs vertèbres de l'épine dorsale, la vertèbre ou les vertèbres formant le centre d'une lemniscate décrite par la nageoire caudale. Il y a donc une analogie évidente entre la queue du poisson et l'extrémité du bipède. Gela est prouvé par la conformation et la manière de nager du phoque, animal chez lequel les extrémités postérieures sont modifiées de façon à ressembler à la queue d'un poisson. Quand un phoque nage, ses pieds de derrière pressent l'eau en godillant selon une courbe en forme de 8, absolument comme la queue d'un poisson. De semblables remarques peuvent se faire sur la natation de la baleine, du dugong, du laman-
* Selon Sainbell, le célèbre cheval Eclipse quand il galopait en liberté, et avec sa plus grande vitesse, franchissait un espace de vingt-cinq pieds à chaque enjambée, ce qu'il répétait deux fois et un tiers par seconde faisant ainsi environ quatre milles anglais en six minutes et deux secondes. On calcula que le cheval de course Flying Ghilders avait franchi quatre-vingt-deux pieds et demi par seconde, ou envirou un mille anglais par minute.
tin ou du marsouin, mammifères marins dont la forme se rapproche encore plus de celle des poissons. La double courbe suivant laquelle le poisson se lance en nageant, et qui donne de la continuité à son mouvement, lui fournit aufesi le degré requis de stabilité. Quand la queue frappe de côté et d'autre, il y a une tendance à produire un mouvement correspondant de la tête, que corrige immédiatement la courbe complémentaire. Et ce n'est pas tout : la courbe céphalique en conjonction avec l'eau qu'elle contient forme le point d'appui pour la caudale, et vice versa. Quand un poisson nage, la portion antérieure et la postérieure de son corps (en supposant que ce soit un poisson court) forment des courbes dont les convexités sont dirigées sur les côtés opposés d'une ligne donnée, comme cela se passe dans les extrémités du bipède qui marche. La masse du poisson, comme la masse du bipède, une fois mise en mouvement, contribue à la progression en augmentant le taux de la vitesse. La vélocité de certains poissons est excessive. Un requin peut folâtrer à Favant d'un vaisseau à pleines voiles; et Ton sait qu'un espadon (tant est grande sa force vive) a traversé de sa défense le doublage de cuivre d'un vaisseau, une couche de feutre, quatre pouces de sapin et quatorze pouces de chêne ^.
L'aile de l'oiseau ne diffère pas matériellement de l'extrémité du bipède ou de la queue du poisson. Elle est construite sur un plan semblable et agit d'après le même principe. La queue du poisson, l'aile de l'oiseau et l'extrémité du bipède et du quadrupède sont des hélices comme
^ Une pièce de bois, etc. . . d'un des navires de Sa Majesté portant implantée la défense d'un espadon, existe au Musée Huntérien du collège Royal des Chirurgiens d'Angleterre.