LOCOMOTION DU CHEVAL
pied gauc^ antérieur dans la marche rapide, le trot ou le galop, croît progressivement, et est due en grande partie à la vitesse ou à la force vive acquise par la muasse du cheval en mouvement rapide ; le corps de l'animal portant en avant et posant les membres à des distances relatives plus grandes dans le trot que dans la marche rapide, dans le galop que dans le trot. J'ai choisi les pieds gauches antérieur et postérieur, mais de semblables remarques peuvent, bien entendu, être faites des pieds droits de devant et de derrière.
c Dans la figure 23 qui représente le galop, la distance entre deux empreintes successives, par exemple par le pied gauche antérieur, est 18 pieds un pouce et demi. Â moitié chemin entre ces deux empreintes est la marque du pied gauche postérieur, qui divise cet espace en deux parties de neuf pouces et six huitièmes, et chacune d'elles est encore subdivisée en deux moitiés par les empreintes produites par les pieds droits de devant et de derrière. On voit ainsi que le corps du cheval, au lieu d'être entrsdné dans Tair par bonds ou sauts, même lorsqu'il va avec la plus grande vitesse possible^ agit sur un système de leviers, la moyenne distance entre les points d'appui de ces leviers étant de quatre pieds six pouces. La longueur exacte de Tenjambée, bien entendu, ne s'applique qu'au cheval observé, et à la vitesse avec laquelle il allait. Dans le cas de tout autre animal, plus grande est la vitesse, plus grande est Tenjambée individuelle. Dans la progression, le corps se meut avant qu'un membre n'ait quitté le sol, comme on le voit aisément dans l'action très-lente du cheval au commencement d'une traction i. »
> Gamgee, Journal d'Ânatomie et de Physiologie, vol. ni, p. 375, 376.
Dans la figure 22 qui représente le trot, l'enjambée est de dix pieds un pouce. Dans la figure 21 qui représente la marche, elle n'est que de cinq pieds cinq pouces. La vitesse acquise, remarque M. Gamgee, détermine la longueur de l'enjambée; la longueur de l'enjambée est le résultat et la preuve de la vitesse, et n'en est pas la cause. La force vive acquise dans le galop, comme on l'a déjà expliqué, augmente grandement la vitesse.
En considérant la longueur des enjambées par rapport aux points d'appui, il faut tenir compte de la longueur du pied qui doit être déduite de celle de l'enjambée, parce que le sommet ou l'avant du sabot du pied postérieur du cheval forme le point d'appui à un moment, et le talon du pied antérieur pendant le suivant, et vice versa. Ce phénomène est très-visible dans l'action du pied humain, et il est aussi remarquable par l'étendue de la surface d'appui ainsi offerte à quelques-uns des animaux les plus agiles, de diverses espèces. Chez le lièvre, par exemple, entre son jarret et le bout de ses doigts, il y a un espace de plus de six pouces pour l'étendue de la surface de sustentation et de point d'appui variable ; et dans le membre antérieur, du corps aux ongles (dont il ne faut pas déprécier rimportance pour la progression), on trouve plus de trois pouces de surface d'appui, ce qui fait environ dix pouces pour chaque bipède latéral, et le double de cela pour l'action des quatre pieds. Vue de cette manière, l'enjambée n'est pas réellement aussi grande qu'on le supposerait si on l'estimait simplement d'après la distance entre les empreintes.
On peut faire bien des remarques intéressantes sur la longueur de l'enjambée des divers animaux; dans le
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grand galop du lévrier, elle est par exemple de seize pieds ; celle du lièvre est au moins égale ; tandis que celle du chien de Terre-Neuve est d'un peu plus de neuf pieds ^ »
Locomotion de lautrache. — Les naturalistes ont divisé les oiseaux en huit ordres : — Les Natatores ou Oiseaux Nageurs ; les Grallatores ou Echassiers ; les Cursores ou Coureurs ; les Scansores ou Grimpeurs ; les Rasores ou Gratteurs; les Columbœ ou Colombes; les Passeres ou Passereaux ; et les Raptores ou Oiseaux de proie.
Les cinq premiers ordres ont été classés d'après leurs mœurs et leur mode de progression. Je parlerai des Natatores quand j'en arriverai à la natation comme mode de progression; et comme il n'y a rien dans les mouvements des oiseaux echassiers, gratteurs et grimpeurs 2 ou dans les passereaux et les rapaces qui demande une attention spéciale, je passerai de suite à la considération des coureurs, dont les meilleurs exemples sont l'autruche, Temeu, le casoar et l'aptéryx.
L'autruche est remarquable par la grande longueur et le développement de ses patles en comparaison de ses ailes (ûg. 24). Sous ce rapport elle est, parmi les oiseaux, ce que le kanguroo est parmi les mammifères. L'autruche
* Gamgee, journal d'Ânatomie et de Physiologie, vol. ni, p. 375,
> Les piverts grimpent en s'aidant des plumes raides de leur queue ; les pattes et la queue formant une ferme base de sustentation.
8 Dans cet ordre, il y a cerlaios oiseaux, — les moineaux, les grives par exemple — qui avancent par une série de sauts vigoureux ; les sauts ayant un caractère inlermittent.
Pettigrew. ^
atteint une hauteur de six à huit pieds et est le plus grand oiseau vivant connu. Sa grande hauteur provient de son cou et de ses jambes effilées. Ces dernières sont d'une
Bg. 4, p. 30, flg. î.
très-puissants structure et ressemblent beaucoup dans leur conformation générale aux extrémités postérieures d'un cheval pur-sang ou d'un grand cerf. Comparez à la fig. 4, p. 30. Elles sont expressément faites pour la vitesse. Ainsi les os des jambes et des pieds sont inclinés très-