‹ La locomotion chez les animauxChapitre 34 sur 130 · NATATION DE LA TORTUE, DU TRITON · texte numérisé non relu

NATATION DE LA TORTUE, DU TRITON

rieure, cet animal a l'air de marcher dans l'eau (flg. 44).

Les mêmes remarques s'appliquent aux extrémités du

triton (flg. 45) et du crocodile quand ils nagent, et aux membres faiblement développés correspondants du Lepidosiren, du Protée et ds l'Asoloti, dont on peut voir des spécimens dans les jardins de la Société zoologique de Londres. Chez le dernier, la natation s'effectue principalement, sinon tout à fait, par la queue et la moitié infé-

rieure du corps qui est largement développée et aplatie latéralement dans ce but comme chez le poisson.

Le pouvoir musculaire exercé par les poissons, les cetacés et les phoques en nageant, se conserve dans une étendue remarquable, grâce à la force vive que le corps acquiert rapidement — la vélocité atteinte par la masse diminuant le degré d'effort requis dans les parties individuelles ou intégrales. Ceci reste vrai de tous les animaux, qu'ils se meuvent sur terre, sur ou dans Teau, ou dans Tair.

Les animaux qui forment le trait d'union entre l'eau et Tair sont les oiseaux plongeurs d'une part et les poissons volants de l'autre ; — les premiers employant leurs ailes pour voler au-dessus et au-dessous de Teau, suivant l'occasion; les derniers se soutenant en l'air pendant des intervalles considérables au moyen de leurs énormes nageoires pectorales.

Vol sous Teau, etc. — M. Macgillivray décrit ainsi une bande de harles rouges qu'il a observés poursuivant des anguilles de sable, dans un des bas-fonds des baies sablonneuses des Hébrides Extérieures : « Les oiseaux semblaient se mouvoir sous l'eau avec presque autant de vélocité que dans l'air , et souvent sortaient pour respirer à plus de 200 yards de l'endroit où ils avaient plongé 1.

Chez les oiseaux qui volent indifféremment au-dessus et au-dessous de l'eau, l'aile est munie de plumes raides et réduite au minimum de la taille. Dans lé vol sous-

* Histoire des oiseaux de la Grande-Bretagne, vol. I, p. 48.

VOL SOUS i;eau 125

marin les ailes peuvent agir seules, comme chez les guillemets, ou en même temps que les pieds comme chez les grèbes ^ .

Pour convertir l'aile en une puissante rame natatoire, il est seulement nécessaire de retendre et de la fléchir légèrement en arrière, la simple extension faisant tourner l'aile vers le bas, et donnant au dos de Taile qui frappe dans ce cas le coup le plus efficace, Tangle d'obliquité nécessaire pour faire avancer Tanimal. Cet angle, je puis le faire observer, correspond à celui que fait le pied pendant l'extension, de façon que si les pieds et les ailes s'emploient ensemble, elles agissent avec harmonie. Si Ton voulait la preuve que c'est le dos ou la surface convexe de l'aile qui donne le coup le plus efficace dans le vol subaquatique, on la trouverait dans ce fait que chez le grand et le petit pingouin qui sont tout à fait incapables de voler hors de l'eau, l'aile est effectivement tordue, afin que la surface concave qui a plus de prise sur l'eau, soit dirigée en arrière (fig. 46) 2. La marge épaisse de l'aile, quand elle donne le coup efficace, est tournée vers le bas, comme cela a lieu pour les pattes palmées de Tours marin, du morse et de la tortue. C'est, j'ai à peine besoin de le remarquer, précisément le contraire de ce qui se présente pour l'aile ordinaire dans le vol aérien. Dans ces oiseaux

1 Les guillemots en plongeant ne font pas usage de leurs pieds ; de sorte qu'ils volent littéralement sous l'eau. Dans ce but leurs ailes sont réduites aux plus petites dimensions compatibles avec le vol. Les plongeons d'autre part, quand ils se servent de leurs pieds usent rarement, si jamais, de leurs ailes. La progression sous-marine du grèbe ressemble à celle du canard. (Règne animal, de Guvier. Londres, 1840, p. 252 et 253.)

2 Dans la natation du crocodile, de la tortue, du triton et de la grenouille, la concavité des pieds des extrémités antérieures sont de même tournées en arrière.

126 PROGHEBSION SUR L'EAU ET DANS L'EAU extraordinaires (grand et petit pingouin), l'aile est couverte de plumes courtes, semblables & des soies, et n'est qu'un simple rudiment excessivement rigide, le mouvement qui l'anime, émanant pour la plus grande partie de l'épaule où l'articulation est une jointure universelle. L'aile est élégamment tordue sur elle-même, et quand elle s'élève et s'abaisse, elle roule sur le côté de l'oiseau & divers degrés d'obliquité jusqu'à ce qu'elle fasse un angle droit avec le corps, quand elle présente à l'eau uD

Due bel es ps fs te et eal employa i nigcr M il plonger Compurei ■ai flg. 37 el U, p. lOÏ et lïî. — Oriemale.

bord étroit ou coupant. Quand l'aile est complètement étendue, comme dans le voL ordinaire, elle £ait, au contraire, un angle de quelque chose comme 30 avec l'horizon. Quand l'aile est abaissée et ramenée en arrière ', les angles que sa surface inférieure fait avec la surface de l'eau s'accroissent graduellement. L'aile du grand et du petit pingouin les fait avancer & la fois quand elle s'élève et quand elle s'abaisse. Elle agit beaucoup àlamar

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