‹ La locomotion chez les animauxChapitre 35 sur 130 · LE VOL DANS L'EAU ET DANS L'AIR · texte numérisé non relu

LE VOL DANS L'EAU ET DANS L'AIR

nière d'une vis; et ceci, comme je m'efforcerai de le démontrer, reste également vrai de l'aile adaptée au vol aérien.

Différence entre le vol sub-aquatique et l'aérien, — La différence entre le vol sub-aquatique ou plongement et le vol proprement dit, peut être brièvement exposée. Dans le vol aérien le coup le plus effectif est donné en bas et en avant par la surface inférieure, concave ou mordante de Taile qui est tournée dans cette direction. Le coup moins effectif est donné en haut et en avant par la surface supérieure, convexe ou non mordante de l'aile. Dans le vol sub-aquatique au contraire, le coup le plus effectif est donné en bas et en arrièrey le moins effectif en haut et en avant. Dans le vol aérien, le grand axe du corps de Toiseau et le petit axe des ailes sont légèrement inclinés vers le haut et forment avec l'horizon un angle ascendant. Dans le vol sub-aquatique, le grand axe du corps de l'oiseau et le petit axe des ailes sont inclinés légèrement vers le bas et forment un angle descendant avec la surface de l'eau. L'aile agit plus ou moins efficacement dans chaque direction, comme le fait la queue du poisson. La différence observée entre les directions des coups vers le bas dans le vol et le plongement est rendue nécessaire par le fait qu'un oiseau qui vole dans Tair est plus lourd que le milieu dans lequel il navigue, et doit être supporté par les ailes ; tandis qu'un oiseau qui vole sous l'eau ou plonge, est plus léger que Teau, et doit faire effort pour s'y enfoncer et éviter de revenir flotter à sa surface. Quelque paradoxal que cela paraisse, le poids est nécessaire au vol aérien, et la légèreté au vol sub aquatique. Un oiseau

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destiné à voler au-dessus de Teau est muni de surfaces motrices disposées et appliquées de telle manière (elles frappent de haut en bas et en avant) que s*il était plus léger que l'air, elles Venlraîneraient au loin dans l'espace sans possibilité de retour ; en d'autres termes l'action des ailes entraînerait l'oiseau obliquement en haut et le rendrait tout à fait incapable de voler dans une direction horizontale ou descendante. De même si un oiseau, destiné à voler sous Teau (grand et petit pingouin), n'était pas plus léger que l'eau, tels sont la configuration et le mode d'application de ses surfaces motrices (elles frappent de haut en bas et en arrière) qu'elles l'entraîneraient dans la direction du fond sans aucune chance de retour à la surface. Dans le vol aérien, le poids est le pouvoir que la nature a mis à la disposition de l'oiseau pour régler ses mouvements en altitude et horizontaux, une cessation du jeu des ailes, aidée par l'inertie de son tronc, permettant à l'oiseau d'approcher de la terre. Dans le vol sub-aquatique, la légèreté est une puissance fournie dans un but semblable mais opposé ; combinée avec un partiel ralentissement ou un arrêt des ailes et des pieds, elle permet à l'oiseau plongeur de regagner la surface à chaque moment. La légèreté et le poids sont des forces auxiliaires, mais elles sont nécessaires quand on tient compte des moeurs des oiseaux aériens et aquatiques et de la forme et du mode d'application de leurs surfaces motrices. Si Toiseau aérien volant était plus léger que Tair, ses ailes devraient être tordues pour ressembler à l'aile plongeuse du grand et du petit pingouin. Si, d'autre part, les oiseaux plongeurs (petit ou grand pingouin) étaient plus lourds que l'eau, leurs ailes devraient ressembler à des

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