LE YOL DANS L'EAU ET DANS L'AIR
ailes aériennes, et ils devraient frapper Teau dans un sens opposé à celui dans lequel ils le frappent normalement. Il suit de là que le poids est nécessaire à Toiseau (tel qu'il est construit à présent) destiné à naviguer dans l'air, et la légèreté à celui destiné à naviguer dans Teau. Si un oiseau était très -grand et très-léger, il va sans dire que la force plongeante à sa disposition serait insuffisante pour le faire plonger. Si encore il était très -petit et très-lourd, il est également évident qu'il ne pourrait pas voler. La nature a cependant gardé le juste milieu. Elle a fait l'oiseau plongeur qui vole sous l'eau relativement plus lourd que l'oiseau qui vole dans l'air, et a écourté les surfaces motrices du premier, tandis qu'elle a augmenté celles du dernier. Pour la même raison elle a doué l'oiseau plongeur d'un certain degré de puissance flottante, et loiàeau volant d'un certain degré de poids; — la légèreté tendant à ramener l'un à la surface de l'eau, le poids tendant à ramener l'autre à la surface de la terre, qui sont les positions normales de repos pour tous les deux. On voit bien (fig. 47) l'action de l'aile sub-aquatique ou plongeante du pingouin royal.
D'après ce qui a été dit, il est évident que les ailes agissent très-différemment dans l'eau et hors de l'eau et c'est un point qui mérite l'attention, d'autant plus spécialement qu'il semble avoir jusqu'ici échappé à l'observation. Dans l'eau l'aile quand elle est la plus effective frappe en bas et en arrière, et agit comme auxiliaire du pied; tandis que dans l'air, elle frappe en bas et en avant. Les surfaces obliques, spirales ou autres, présentées par l'animal à l'eau et à l'air, sont donc faites pour agir dans des directions opposées, en ce qui concerne les coups
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descendants. On le doit à la grande densité de l*eau par .rapport à Tair, la première supportant tout à fait ou presque entièrement l'animal qui se meut au-dessus ou au-dessous, le dernier permettant h la créature d'y tomber dans une direction descendante pendant l'ascension de l'aile. Pour contre-balancer la tendance de l'oiseau en mouvement à tomber en avant, le coup descendant est donné dans cette direction; l'action de Taile semblable à celle du cerf- volant et la rapidité avec laquelle elle se meut faisant suivre à la massé de l'oiseau un parcours plus ou moins horizontal. J'offre cette explication de l'action de l'aile dans l'eau et hors de Teau d'après des observations répétées et attentives des oiseaux apprivoisés et sauvages, et, à ce que je puis savoir, en opposition à tous ceux qui ont précédemment écrit sur ce sujet.
Les ailes rudimentaires ou rames du pingouin, dont j'ai l'occasion d'étudier les mouvements sur un spécimen apprivoisé, sont surtout employés à nager et à plonger. Les pieds qui sont de dimensions modérées et fortement palmés sont, à l'occasion, employés comme auxiliaires. U y a entre les mouvements des ailes et des pieds de ce trèscurieux animal, cette différence bien digne d'attention : Les ailes agissent ensemble, ou synchroniquement, comme chez les oiseaux volants ; les pieds, d'autre part, se meuvent alternativement. Les ailes sont animées d'une grande énergie, et, à cause de leur état semi-rigide, sont incapables d'extension. Elles présentent donc leur maximum et leur minimum de surface par une rotation ou inclinaison de leur base, comme chez le morse, l'ours marin et la tortue. Au contraire, les pieds qui se meuvent avec moins
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de vigueur touraent ou s'inclinent dans une très-faible
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étendue, l'accroissement ou la diminution de surface étant assurés par l'ouverture et la fermeture des expansiona
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membraneuses entre les doigts. A ce dernier point de vue, elles ont une certaine analogie avec les pieds du phoque, dont les doigts, comme on Ta expliqué, s'écartent ou s'élargissent pendant l'extension et inversement. Les pieds du pingouin diffèrent entièrement de ceux du phoque en agissant séparément, le pied d'un côté étant fléchi ou rapproché du corps pendant que son compagnon s'étend et s'en écarte. Les pieds décrivent de plus des courbes dans
FiG. 48. — Le cygne , en train de nager , le pied droit complètement étendu et sur le point de donner le coup efdcace en dehors, en bas et en arrière, comme on le représente en r, fîg. 50 ; le pied gauche fermé prêt à donner le coup de retour, en dedans, en haut et en avant, comme on le voit en«, fig. 50. Dans la natation rapide, le cygne fléchit les jambes simultanément et quelque peu lentement ; puis il les étend vigoureusement. — Originale.
des directions opposées, le pied droit allant de dedans en dehors et de haut en bas pendant l'extension ou quand il est pleinement étendu, et donne le coup efi'ectif ; le gauche qui se meut en même temps, allant de bas en haut quand il se fléchit ou quand il se relève, comme il arrive pendant le coup de retour. Dans les actes de l'extension et de la flexion les jambes tournent légèrement et les pieds s'inclhient plus ou moins. On voit les mêmes mouvements