VOL DU POISSON VOLANT
ture, les rapports et l'action de ces nageoires, et je me suis convaincu qu'elles agissent dans certaines limites comme de véritables ailerons, leurs dimensions insuffisantes et leur trajectoire limitée les empêchant seules de soutenir le poisson dans l'air pendant une période indéfinie. Quand les nageoires sont complètement fléchies comme il arrive pendant que le poisson nage, elles sont ]ng des côtés du corps ; mais quand il passe
dans l'air, elles s'élèvent au-dessus du corps et forment avec lui un certain angle. En s'élevant, elles s'inclinent aussi en avant et en dehors, les nageoires tournant autour de leur grand axe, jusqu'à ce qu'elles fassent avec l'horizon un angle d'environ 30 degrés. — Cet angle étant, aussi exactement que je puis le déterminer, le plus grand angle formé par les ailes durant le coup descendant du vol des insectes et des oiseaux.
Les nageoires pectorales ou pseudo-ailes du poisson volant, comme les autres ailes, agissent à la manière du
cerf-volant, l'angle d'inclinaison que leurs surfaces inférieures font avec l'horizon variant suivant le degré d'extension, la vitesse acquise, et la pression à laquelle elles sont soumises en étant portées contre l'air. Quand le poisson volant, après un premier élan à travers l'eau (dans laquelle il acquiert sa vitesse initiale), se projette en Tair, il est supporté et poussé en avant par l'action en cerfvolant de ses ailerons ; cette action étant identique à celle du cerf- volant des enfants, quand ceux-ci courent et tirent la corde qui oblige le cerf- volant à glisser vers le haut et l'avant. Dans le cas du cerf- volant de l'enfant, une force attractive est appliquée en avant de l'appareil. Dans le cas du poisson volant (et de tout ce qui vole) une force semblable est appliquée aux cerfs-volants formés par les ailes, par le poids de la masse volante, qui tend toujours à tomber verticalement. Le poids fournit au vol une force motrice semblable à celle que fournissent les blocs de plomb d'une horloge. Dans le cas du cerf-volant de l'enfant, la main de l'opérateur fournit la puissance ; dans le vol, une grande proportion de cette puissance est fournie par le poids de l'être volant. Il est indifférent comment glisse un cerf-volant, tant que sa surface inférieure est disposée de manière à presser l'air sur lequel il passe ^ . Un cerf- volant se soutiendra effectivement sans que ni la main ni la pesanteur agissent sur lui pourvu qu'il souffle toujours une forte brise. Dans le vol une seule des deux choses est nécessaire. Ou la surface inférieure des ailes doit être portée rapidement contre l'air tranquille, ou l'air
1 a Les divers modes de vol dans leurs rapports avec rAéronautique » par l'auteur. — Comptes rendus de rinslitution Royale de la Grande-Bretagne. Mars 1867.