I^'AILE EST UN LEVIER DU TROISIÈME GENRE
le corps produit une immense courbe à Texlrémité de l'aile où sa puissance élévatrice et propulsive est la plus grande. Cette disposition assure que la grande quantité d'air nécessaire à la propulsion et au soutien sera comprimée dans les circonstances les plus favorables.
Il suit de là que les insectes et les oiseaux sont doués d'une puissance de vol d'autant plus grande que leurs ailes sont plus longues. La libellule et l'albatros en fournissent des exemples. Dans quelques occasions, la première se précipite avec une vitesse étonnante et tourne avec une incroyable rapidité ; d'autres fois elle arrête tout à coup sa course en avant, et plane ou se fixe en Tair à la manière de Fémouchet et de l'oiseau-mouche. Le vol de l'albatros est aussi remarquable. Ce magnifique oiseau, je le tiens d'une autorité digne de foi, plane pendant des
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Fio. 5S.
heures avec une insouciance apparente, et daigne rare- \ ment remuer ses immenses ailes qui rayonnent de cha-
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que côté de son corps dans l'espace, comme des rubans
ayant parfois sept pieds de longueur.
La manière dont Taile entraîne le corps en avant et en haut pendant le vol se voit fig. 52.
Dans cette figure ff représente les points d'appui mobiles fournis par l'air; pp' la puissance résidant dans l'aile, et b le corps à faire voler. Pour rendre plus intelligible le problème du vol, j'ai prolongé le levier formé par l'aile au-delà du corps, et j*ai appliqué à la base de l'aile ainsi «^tendue le poids w w\ x représente la jointure universelle par laquelle l'aile est attachée au corps. Quand l'aile monte, comme on le voit en p, l'air (point d'appui f) résiste à son passage ascendant et pousse le corps (6), ou son représentant (w), légèrement vers le bas. Quand l'aile descend comme on le voit en ])', Tair (point d'appui f) résiste à son mouvement descendant et force le corps (6) ou son représentant (w') à monter légèrement. Il s'en suit que quand l'aile s'élève, le corps s'abaisse, et vice versa; l'aile décrit l'arc d'un grand cercle (ff), le corps (b) ou son représentant (ww') décrit l'arc d'un cercle beaucoup plus petit. Donc le corps, aussi bien que l'aile, s'élève ou s'abaisse pendant le vol. Quand l'aile descend, elle élève le corps, l'aile étant active et le corps passif; quand le corps descend il élève l'aile, le corps étant actif et l'aile passive. Les muscles élévateurs et la réaction de l'air sur la surface inférieure de l'aile contribuent à son élévation. C'est de cette manière que le poids forme un facteur du vol, l'aile et le poids du corps alternant, s'aidant mutuellement et se soulageant l'un l'autre. Ceci présente un argument en faveur de l'emploi de quatre ailes pour le vol artificiel, les ailes étant arrangées de