L'AILE EST UN LEVIER DU TROISIÈME GENRE
telle sorte que les deux qui sont en haut doivent toujours par leur chute élever mécaniquement celles qui sont en bas. Un tel arrangement est grandement calculé pour conserver le pouvoir moteur et, comme conséquence, en réduire le poids. C'est la surface supérieure ou dorsale de l'aile qui agit plus spécialement pendant le coup ascendant, et la surface inférieure ou ventrale qui opère pendant le coup descendant. L'aile qui, au commencement du coup ascendant, a sa surface et ses marges antérieure et postérieure disposées à peu près dans le plan de Thorizon ^, tourne autour de sa marge antérieure comme axe pendant sa descente et fait faire à sa surface inférieure un angle graduellement croissant avec l'horizon, la marge postérieure (fig. 53, c) descendant pendant ce mouvement, au-dessous de Tantérieure. Une rotation semblable mais opposée a lieu pendant le coup ascendant. La rotation en question fait tourner l'aile sur son grand axe à la manière d'une vis, et lui fait décrire une courbe en 8 dans l'espace, une moitié de la figure étant décrite pendant l'ascension de Taile, l'autre pendant la descente. La torsion de Vaile, et la figure en 8, qu'elle décrit quand elle est mise en vibration sont représentées fig. 53. La rotation de l'aile autour de son grand axe quand elle monte et descend fait agir la surface inférieure à la manière d'un cerfvolant, à la fois pendant le coup ascendant et le coup descendant, pourvu toutefois que le corps portant l'aile ait un mouvement de progression. Mais la surface supérieure de l'aile, comme on Ta expliqué, agit quand l'aile s'élève de manière qu'à la fois les surfaces supérieure et
i Dans quelques cas la marge postérieure est légèrement élevée au dessus de rhorizon (fig. 53, q).
inférieure de l'aile agissent pendant le coup ascendant. Quand Taile monte, la surface supérieure presse contre l'air; la surface inférieure pressant en même temps parce qu'elle est portée obliquement en avant à la manière d'un cerf-volant, parle corps qui est en mouvement. Pendant le coup descendant, la surface inférieure seule agit. L'aile agit donc efficacement en montant et en descendant, son glissement n'existant au total que de nom. L'aile agit comme un cerf-volant à la fois en montant et en descendant. Elle agit plus comme propulseur que comme élévateur pendant la montée, et plus comme élévateur que comme propulseur pendant la descente. Elle est donc effective à la fois dans les directions ascendante et descendante. L'efficacité de l'aile est grandement accrue par ce fait que, quand elle monte, elle entraîne après elle un courant d'air, lequel courant étant rencontré par l'aile pendant la descente, augmente notablement l'énergie du coup descendant. De même manière, quand l'aile descend, elle entrdne après elle un courant d'air qui, rencontré par l'aile pendant son ascension, augmente notablement la puissance du coup ascendant. Ces courants induits sont à l'aile ce qu'une forte brise d'automne est au cerf- volant de l'enfant. L'aile est douée de cette remarquable propriété qu'elle crée le courant sur lequel elle s'élève et progresse. Elle vole réellement sur le tourbillon qu'elle a formé.
Ces remarques s'appliquent plus spécialement aux ailes des chauves- souris et des oiseaux, et des insectes dont les ailes sont mises en vibration dans une direction plus ou moins verticale. L'action de l'aile peut être facilement imitée, comme on le voit fig. 53.
Si, par exemple, je prends uii roseau élastique, effilé,