L'AILE EST UN LEVIER DU TROISIÈME GENRE
elle s'y applique dans une direction plus ou moins verticale. Les lettres dans les deux figures sont les mêmes. Les insectes dont les ailes se faufilent dans Tair dans une direction plus ou moins horizontale ont une portée étendue, chaque aile décrivant à peu près un demi- cercle, ces demi- cercles correspondant à la surface de support. Le corps de l'insecte est donc le centre d'un cercle de mou-
FiG. 54.
vement. Il correspond kx de la figure actuelle (fig. 54). Quand l'aile est saisie par la main en a, et que l'on fait voyager la racine dans la direction n e, le corps de l'aile voyage dans la direction j f. Pendant qu'elle accomplit ce parcours, elle s'élève en volant suivant une double courbe, à la manière du cerf-volant, et élève le poids k. Plus ces mouvements sont répétés rapidement, plus l'aile devient puissante, et plus le poids élevé est grand. Ceci provient de l'action réciproque de l'aile ; l'aile, comme on l'a déjà expliqué, entraînant toujours après elle, pendant un des coups, un courant d'air que le coup suivant ren-
contre et utilise. L'action réciproque de Taile dont on parle ici, est, à tous égards, analogue à ce qu'on observe dans les pattes palmées du phoque, de l'ours marin, du morse et de la tortue ; dans Taile natatoire du pingouin, et la queue de la baleine, du dugong, du lamantin, du marsouin et du poisson. Si l'on faisait agir les muscles de l'insecte aux points a e, le corps de l'insecte s'élèverait comme en k l, par l'action réciproque des ailes. La somme de pouvoir tractile développée dans la disposition représentée (fig. 53, p. 149) peut se constater facilement en fixant un ressort ou un poids agissant par l'intermédiaire d'une poulie sur la marge antérieure a b ou e f de l'aile ; les poids agissant sur les poulies étant attachés à la racine de l'aile (a ou e).
La somme de puissance élévatrice développée dans la disposition représentée fig. 54, peut être aussi estimée en faisant agir des poids sur des poulies pour opérer sur la racine de l'aile (a et e) et observer de combien les poids (k oui) sont élevés. Dans ces calculs on doit évidemment tenir compte du frottement. L'objet des deux groupes d'expériences décrites et figurées, est de montrer que Taile peut exercer un pouvoir tractile, soit dans une direction horizontale, soit dans une verticale, le vol se produisant dans les deux cas. Je veux montrer maintenant qu'un corps non muni d'ailes ou de surfaces inclinées tombera verticalement, si on l'abandonne à luimême ; tandis que s'il est muni d'ailes, sa chute verticale se convertira en vol oblique descendant. Ce sont là des points fort intéressants. L'expérience m'a montré que quand une aile vibre verticalement, elle produit une traction horizontale; quand elle vibre horizontalement,