‹ La locomotion chez les animauxChapitre 49 sur 130 · LE POIDS CONTRIBUE AU VOL · texte numérisé non relu

LE POIDS CONTRIBUE AU VOL

forme et conséquente. Elle emploie le même principe et à peu près les mêmes moyens pour faire voler une lourde et solide graine et pour faire voler un insecte, une chauvesouris ou un oiseau.

Quand des ailes artificielles construites sur le plan des naturelles avec des racines raides, des marges antérieures semi-rigides allant en s'amincissant, et des marges postérieures minces et flexibles, sont abandonnées à ellesmêmes d'une hauteur, elles décrivent en tombant de doubles courbes, et les bases des ailes touchent le sol les premières. Cette circonstance prouve que le pouvoir suspenseur des extrémités des ailes est plus grand que celui des bases. Je pourrais rapporter beaucoup d'expériences faites en ce sens, mais celles-ci suffisent pour montrer que le poids quand il agit sur les ailes, ou, ce qui revient au même, sur des plans inclinés, élastiques, tordus, doit être regardé comme une force indépendante. Sans cette circonstance, le vol deviendrait la forme la plus incommode et la plus laborieuse de locomotion, tandis qu'elle est en réalité incomparablement la plus facile et la plus

gracieuse.

La puissance que des ailes vibrant rapidement ont en soutenant un corps qui tend à tomber verticalement, est beaucoup plus grande qu'on ne se l'imaginerait, parce que le corps qui est sans cesse sur le point de tomber ne peut jamais le faire effectivement. Ainsi quand il est suffisamment tombé pour aider à l'élévation des ailes, il est immédiatement relevé par la vigoureuse descente de ces organes. Le corps n'acquiert donc jamais la quantité de mouvement de haut en bas qu'il acquerrait s'il pouvait tomber sans interruption pendant un temps considérable.

Il est facile de retenir même un corps lourd quand il commence à tomber, tandis qu'il est presque impossible d'arrêter sa marche quand il est convenablement lancé dans l'espace et voyage avec rapidité dans une direction descendante.

Poids, quantité de mouvement et puissance sont, jusqu'à un certain point, synonymes dans le vol. — Quand un oiseau s'élève il n'a que peu ou pas de vitesse acquise» de manière que s'il arrive au contact d'une surface résistante solide il ne se fera pas de mal. Quand cependant il a acquis toute la force vive dont il est capable et se trouve en plein vol rapide, un tel choc cause sa destruction. Mon ami, M. A. D. Bartlett, me fit connaître un cas où un canard sauvage termina sa carrière en venant heurter violemment une des glaces du phare d'Eddystone. La glace de plus d*un pouce d'épaisseur fut complètement brisée. On utilise cette circonstance pour tuer des oiseaux marins, en plaçant un appât sur une planche flottante, contre laquelle l'oiseau vient se briser le cou quand il s'abaisse pour saisir l'amorce. La puissance additionnelle due à la force vive des corps lourds se voit bien au départ et pendant la marche des bateaux à vapeur. Dans ceux-ci, le glissage décroît à mesure que la vitesse du vaisseau augmente ; la force d'un homme s'appliquant par une amarre attachée à la poupe d'un bateau de dimensions modérées, suffisant pour retardQr et dans quelques cas pour empêcher le départ. En un tel cas le pouvoir de la machine est presque entièrement consacré au glissage ou à la mise en mouvement du fluide dans lequel sont mmergées les roues ou l'hélice. Ce n'est donc pas la

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