‹ La locomotion chez les animauxChapitre 50 sur 130 · POIDS, QUANTITÉ DE MOUVEMENT, ETC · texte numérisé non relu

POIDS, QUANTITÉ DE MOUVEMENT, ETC

puissance résidant dans les roues ou Thélice qui peut s'accumuler mais la quantité de mouvement inhérente à la masse. Chez Toiseau, la quantité de mouvement, autrement dit le poids, agit sur les plans inclinés formés parles ailes, celles-ci le convertissant adroitement en pouvoir propulseur. C'est à cette circonstance, plus qu'à toute autre, que le vol prolongé des oiseaux est surtout dû, l'inertie ou poids mort du tronc aidant et soutenant l'action des ailes et diminuant ainsi les efforts excessifs que devrait nécessairement faire l'oiseau. C'est ainsi que s'est conservé le pouvoir qui chez les créatures vivantes réside dans la masse, et que la masse elle-même est mise à profit. Sans cette réciprocité, aucun oiseau ne pourrait se maintenir en l'air pendant plus de quelques minutes. Ceci se prouve par le vol comparativement bref de Talouette et la voltige du faucon chassant. Dans ces deux cas le corps est exclusivement soutenu par l'action des ailes, le poids du tronc n'y prenant point part; en d'^autres termes le poids du corps ne contribue pas au vol en y ajoutant sa force vive et l'impulsion que produit la force vive. Dans le vol de l'albatros, d'autre part, la force vive acquise par la masse en mouvement accomplit la principale portion du travail, les ailes étant simplement tournées sur et contre le vent pour présenter les angles nécessaires pour que l'inertie ou la masàe puisse agir sur lui II me semble que le mystère du vol est caché dans cette union de la force active et passive, et qu'aucune disposition ne réussira à produire le vol artificiel si elle ne reconnaît et n'applique le principe indiqué ici.

Les cellules à air chez les insectes et les oiseaux ne

sont pas nécessaires au vol, — La légèreté vantée des insectes, des chauves- souris et des oiseaux, sur laquelle les auteurs ont tant écrit pour expliquer le vol, est illusoire au plus haut degré.

Les insectes, les chauves-souris et les oiseaux sont aussi lourds à volumes égaux que la plupart des autres créatures vivantes, et le vol peut être parfaitement accompli par des animaux qui n'ont ni poches à air ni os creux, poches à air que l'on trouve chez des animaux qui ne sont jamais destinés à voler. Ceux qui admettent la théorie de l'air chauffé, sont de Tavis que Tair contenu dans les cavités des insectes et des oiseaux est tellement plus léger que Tatmosphère ambiante que nécessairement il contribue matériellement au vol. Je puis dire cependant que la quantité d'air emprisonné est si infiniment petite, et la différence de poids qu'elle éprouve par suite de l'accroissement de température si inappréciable, que cela ne peut être pris en compte par aucun de ceux qui s'efforcent de résoudre le difficile et important problème du vol. Les montgolfières ou ballons à feux étaient construits sur le principe de l'air chauffé ; mais comme ils n'ont point d'analogues dans la nature et sont apparemment incapables de perfectionnement, je les mentionne ici plutôt pour exposer ce que je regarde comme une fausse théorie, que dans le but d'exposer les véritables principes du vol.

Quand nous aurons dit que les os et les espaces creux augmentent la surface de l'insecte et de l'oiseau, et qu'un insecte ou un oiseau ainsi construit est plus fort à poids égal qu'un animal composé de matière solide, nous pourrons laisser ce sujet ; le vol étant, comme je m'efforcerai de le démontrer tout à l'heure, moins une question de

Page 1