LES CELLULES A AIR ET LE VOL
légèreté qu'une question de poids et de puissance appliqués avec intelligence à des surfaces volantes convenablement construites.
Les corps des insectes, des chauves-souris et des oiseaux sont construits d'après des principes strictement mécaniques : la légèreté, la force et la durabilité de la charpente se combinant avec la puissance, la rapidité et la précision d'action. La méthode cylindrique de construction y est poussée à l'extrême, les corps et les jambes des insectes déployant de nombreux espaces inoccupés tandis que les muscles et les parties solides sont traversés par d'innombrables tubes qui communiquent avec le milieu ambiant par une série d'ouvertures appelées stigmates.
Une disposition quelque peu semblable des parties se rencontre chez les oiseaux qui sont, dans quelques cas, non-seulement munis d'os creux, mais aussi (spécialement les aquatiques) d'une grande quantité de sacs à air. Ils sont également pourvus d'une épaisse couverture de plumes ou de duvet qui ajoute beaucoup à leur volume sans accroître matériellement leur poids. Leurs corps sont aussi, dans un assez grand nombre d'espèces, surtout chez les oiseaux de proie, plus ou moins aplatis. On voit bien les sacs à air chez le cygne, l'oie et le canard ; et je les ai dans plusieurs occasions minutieusement examinés en vue de déterminer leur étendue et leurs fonctions. Dans deux spécimens que j'ai injectés, la matière employée s'était répandue non-seulement dans ceux qu'on décrit ordinairement, mais encore dans d'autres qui se ramifient dans la substance des muscles, particulièrement des pectoraux. On n'a jusqu'à présent, j'ai regret de le pire, donné aucune explication satisfaisante du but de ces
Pettigrew. Il
poches à air. Selon Sappey *, qui a consacré une grande : part d'attention à ce sujet, elles consistent en une membrane qui n'est ni séreuse ni muqueuse, mais tient de Tune et de l'autre ; et comme un nombre considérable de vaisseaux sanguins, ainsi que le montrent mes préparations, se ramifient dans leur substance, et qu'elles sont dans, beaucoup de cas couvertes de fibres musculaires qui leur confèrent un mouvement rhythmique, quelques observateurs récents (M. Drosier 2, de Cambridge, par exemple) se sont efforcés de prouver qu'elles sont des accessoires des poumons, et en conséquence aident à l'aération du sang. Cette opinion fut soutenue par John Huuter dès 1774 8, et est probablement correcte puisque la température des oiseaux est plus haute que celle d'aucune autre classe d'animaux, et parce qu'ils sont obligés k l'occasion de faire de très-grands efforts musculaires à la fois en nageant et en volant. D'autres ont vu souvent; quoique pas toujours, que les pochesà air se trouvent chez les oiseaux en communication avec les os creux ^,
1 Sappey énumère quinze poches à air : — la thoracique située à la partie inférieure du cou, derrière le sternum ; deux cervicales qui s'étendent sur toute la longueur du cou jusqu'à la tête à laquelle elles fournissent de Tair, deux paires de diaphragmatiques antérieures, et deux paires de diaphragmatiques postérieures; et deux paires di abdominales,
^ a Sur les fonctions des cellules à air dans le Mécanisme de la Respiration des oiseaux, » par W. H. Drosier M. D. Caius Collège. Proc. Gamb. Phil. Soc, 12 février 1866.
5 « Description de certains réceptacles d*air chez les oiseaux, lesquels communiquent avec les poumons, et sont logés le long des parties charnues et dans les os creux de ces animaux ». — ' Trans. Philos. Lond.1774.
* Selon le Dr. Crisp, Thirondelle, le martin, la bécasse, et beaucoup d'oiseaux de passage n'ont pas d'air dans les os. (Proc. Zool- Zoc. Lond, part xxv, 1857, p. 13). Le môme auteur, dans une seconde communication (p. 225 et 216), ajoute que le sansonnet bril-