‹ La locomotion chez les animauxChapitre 52 sur 130 · LES CELLULES A AIR ET LE VOL • 1C · texte numérisé non relu

LES CELLULES A AIR ET LE VOL • 1C

et en sont arrivés à regarder Tair chauffé qu'elles contiennent comme plus ou moins essentiel au vol. Les cellules à air n'ont absolument rien à faire au vol; c'est prouvé par le fait que d'excellents voiliers, comme la chauve-souris par exemple, en sont dépourvus, tandis que des oiseaux comme l'autruche et l'aptéryx, qui sont incapables de voler, en sont munis. De plus des poches à air analogues se rencontrent chez des animaux qui ne doivent jamais voler; et parmi ceux-ci je puis citer les grandes poches d'air qui occupent les régions cervicales et axillaires de l'orang outang, la vessie natatoire des poissons et la poche communiquant avec la trachée chez le casoar ^.

On peut en dire autant des os creux, — des voiliers réellement admirables, comme les martinets, les martins et les bécasses ont les os remplis de moelle, tandis que les oiseaux coureurs sans ailes dont j'ai parlé y ont de l'air. De plus et enfin, un oiseau vivant pesant 10 livres pèse après sa mort quelques grains de plus seulement ; et l'on sait quel effet produiraient quelques grains d'air chauffé pour soulever au dessus du sol un poids de 10 livres.

lant, le gobe-mouche tacheté , le tarier, le roitelet des bois et le roitelet du saule^ le bruant à tête noire et le canari, dont cinq sont des oiseaux de passage, n*ont également pas d'air dans les os. Voici le résumé du Dr. Crisp : Sur quatre-vingt-douze oiseaux examinés, il a trouvé « de l'air dans un grand nombre d'os chez cinq (Falcnnidées) ; de l'air dans les humérus et pas dans les extrémités inférieures, chez trente-neuf; pas d'air dans les extrémités et probablement dans aucun autre os^ chez quarante-huit. » * Très- voisine de la grande poche buccale du vanneau. On peut voir au Musée du Collège Royal des chirurgiens d'Angleterre des spécimens du sac à air de l'orang, du casoar, du vanneau, et également du cygne et de Toie que j'ai préparés moi-même.

Comment s'effectue le balancement des ailes ; sons produits par l'aile, etc. — La manière dont les insectes, les chauves-souris et les oiseaux se balancent dans l'air a été jusqu'ici et avec raison regardée comme un mystère. Car il est difficile de comprendre comment ils se maintiennent en équilibre quand les ailes sont au-dessous du corps. Les fig. 67 et 68, p. 495, jettent une vive lumière sur ce sujet dans le cas de l'insecte. Dans ces figures, l'espace (a, g) parcouru par l'aile pendant ses vibrations est entièrement occupé par elle ; c'est-à-dire que l'aile (si grande est sa vitesse) est à toute portion de cet espace à peu près au même instant, Tespace représentant ce qui est pratiquement une base de sustentation. Gomme de plus l'aile est unie à la partie supérieure du corps (thorax) par une articulation universelle, ce qui permet toute variété de mouvement, l'insecte est toujours suspendu (à très-peu près comme une boussole manne est soutenue par sa double suspension) ; les ailes, quand elles sont de niveau avec le corps, vibrant de manière à occuper une aire circulaire (voyez rdbf, fig. 56, p. 467) au centre de laquelle le corps (a e c) se trouve placé. Quand les ailes vibrent au-dessus et au-dessous du corps elles occupent une aire conique ; le sommet du cône étant dirigé vers le haut quand les ailes sont au-dessous du corps, vers le bas quand elles sont au-dessus . Ces points se voient bien dans les fig. 82 et 83, p. 248. La fig. 82 représente le cône renversé formé par les ailes lorsqu'elles sont au-dessus du corps, et la figure 83, celui formé par les ailes quand elles sont audessous. Dans ces figures, on observera que le corps, grâce à l'insertion des bases des ailes à sa partie supérieure, est toujours suspendu, et cela équivaut évidemment

BALANGKMENT DES AILES 1G5

à la suspension du centre de gravité. Chez Toiseau et la chauve-souris par qui le coup est donné plus verticalement que par l'insecte, la base de sustentation s'accroît parce que l'extrémité de l'aile se plie en dedans et en arrière dans une direction plus ou moins horizontale à la fm du coup descendant, et en dehors et en avant à la fin du coup ascendant. Ceci est accompagné par la rotation de la partie extérieure de l'aile autour du poignet comme centre, l'extrémité de l'aile, à cause de la position sans cesse variable du poignet, décrivant une ellipse. Chez les insectes dont les ailes sont larges et grandes (papillon) et qui sont mues avec une vitesse comparativement faible, la puissance d'équilibre diminue. Chez les insectes dont les ailes au contraire sont longues et étroites (mouche à viande) et qui vont avec une très-grande vitesse, la puissance d'équilibre s'accroît. Il en est de même des oiseaux à longues et à courtes ailes, de façon que la fonction de balancement est remplie dans une certaine mesure par la forme de l'aile et la vitesse avec laquelle elle est poussée, l'aile longue et l'aile vibrant avec une grande énergie qui accroît la capacité de balancement. Quand le corps est léger et les ailes très- grandes (papillon et héron), la réaction produite par l'ascension et l'abaissement des ailes déplace le corps d'une étendue notable. Quand, d'autre part, les ailes sont petites et le corps grand, la réaction produite par la vibration de Taile est à peine perceptible. A part, cependant, la forme et les dimensions de l'aile et la rapidité avec laquelle elle est poussée, il ne faut jamais oubher que toutes les ailes (comme on l'a indiqué) sont attachées au corps de l'animal qui les porte par une sorte d'articulation universelle, et de telle manière que les

corps, quelle que soit la position des ailes, sont exactement balancés et nagent dans une position plus ou moins horizontale comme une boussole sur une double suspension. Dans cette étendue, il est vrai que la position des ailes est une chose sans importance. Ainsi l'aileron peut être au-dessus, au-dessous ou au niveau du corps, ou il peut être dirigé en avant, en arrière ou à angles droits avec le corps. Dans chaque cas, le corps est balancé mécaniquement et sans efforts. Pour le prouver, j'ai construit un corps et une aile artificiels, et uni Tun à l'autre à l'aide d'une articulation universelle. J'ai trouvé, comme je Tavais présumé, que dans quelque position que l'aile fût placée, au-dessus, au-dessous ou au niveau du corps, de l'un ou de l'autre côté, le corps atteignait presque instantanément une position de repos. Le corps était, en fait, également suspendu et équilibré de tout côté.

Rapidité des mouvements de Vaile partiellement expliquée. — On a été souvent fort surpris de Ténorme rapidité avec laquelle quelques ailes peuvent vibrer. L'aile de l'insecte est, règle générale, très-longue et très-étroite. En conséquence, un mouvement comparativement lent et très-limité à la base donne à Textrémité une grande portée et une immense étendue; la vitesse de chaque portion de l'aile croissant à mesure qu'on s'éloigne de sa base. Ceci s'explique par un principe bien connu en mécanique, c'est-à-dire que si l'on fait mouvoir en cercle une baguette fixée par l'une de ses extrémités, l'autre, celle qui est libre, décrit un cercle beaucoup plus grand, dans un temps donnée qu'une portion de la baguette plus rapprochée du pivot. Ce principe est expli-

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