‹ La locomotion chez les animauxChapitre 62 sur 130 · OISEAUX · texte numérisé non relu

OISEAUX

Noms.

Hirondelle .

Moineau . .

Tourterelle.

Pigeon. , .

Gigogne .

Vautour . .

Grue d'Australie.

Rapporté

au

kilogramme

yar.

ca. pi. po.

c II est aisé à l'aide de cette table de suivre Tordre toujours décroissant des surfaces en proportion de l'accroissement du poids et des dimensions de l'animal ailé. Ainsi en comparant entre eux les insectes, nous trouvons que

^ a Sur le vol des oiseaux, des chauves-souris et des insectes, dans ses rapports avec la locomotion aérienne », par M. de Lucy. Paris.

le cousin qui pèse 460 fois moins que le cerf-volant, a quatorze fois plus de surface. La coccinelle pèse d50 fois moins que le cerf- volant et a cinq fois plus de surface. Le pigeon pèse 8 fois moins que la cigogne , et a deux fois plus de surface. Le moineau pèse 339 fois moins que la grue d'Australie, et possède sept fois plus de surface. Si nous comparons maintenant les insectes et les oiseaux, la gradation deviendra même beaucoup plus frappante. Le cousin par exemple pèse 97,000 fois moins que le pigeon, et a quarante fois plus de surface ; il pèse 3,000,000 de fois moins que la grue d'Australie et possède 449 fois plus de surface qu'elle, le poids de celle-ci étant d'environ 9 kilogrammes 500 grammes.

« La grue d'Australie est l'oiseau le plus lourd que j'aie pesé. C'est celui qui a la plus faible surface, car, par rapport au kilogramme, il ne nous donne pas une surface de plus de 899 centimètres carrés (139 pouces carrés), c'està-dire la onzième partie d'un mètre carré. Mais chacun sait que ces échassiers volent supérieurement. De tous les oiseaux ce sont ceux qui entreprennent les voyages les plus longs et les plus lointains. Ce sont, l'aigle excepté, les oiseaux qui s'élèvent le plus haut, et dont le vol se maintient le plus longtemps ^ >

Mes propres mesures sur le fou et le héron sont strictement d'accord avec ce qui précède. Les détails suivants sur le poids, la taille, etc., du fou m'ont été fournis par un spécimen adulte que j'ai disséqué pendant Thiver de 1869. Poids entier, 7 livres; longueur du corps du bout du bec au bout de la queue, trois pieds quatre

1 M. de Lucy, op, cit.

pouces ; tête et cou, un pied trois pouces; queue, douze pouces ; tronc treize pouces ; circonférence du tronc, dix-huit pouces ; envergure des ailes d'une extrémité à l'autre, six pieds; portion la plus large des ailes en travers des plumes primaires six pouces, en travers des secondaires sept pouces, en travers des tertiaires huit pouces. Chaque aile soigneusement mesurée a donné une surface de deux cent trente et un pouces carrés. Les ailes du fou ont donc comme surface de sustentation un carré de trois pieds trente pouces; et comme l'oiseau pèse très-près de 7 livres , cela donne quelque chose comme soixante-six pouces carrés d'aile pour chaque livre de corps.

Le héron dont j'ai disséqué un spécimen à la même époque, donna lin résultat très-différent comme le montreront les détails ci-dessous. Poids du corps 3 livres, 3 onces ; longueur du corps du bout du bec à celui de la queue, trois pieds quatre pouces; tête et cou, deux pieds; queue, sept pouces;tronc, neuf pouces; circonférence du corps, douze pouces ; envergure des ailes d'un bout à l'autre en travers du corps, cinq pieds neuf pouces; portion la plus large des ailes en travers des plumes primaires et tertiaires, onze pouces; à travers des secondaires, douze pouces.

Chaque aile soigneusement mesurée a donné une surface de 373 pouces carrés. Les ailes du héron fournissent en conséquence une surface de sustentation de cinq pieds vingt-sept pouces. Comme l'oiseau ne pèse que 3 livres, cela donne une surface de sustentation del pied 105 pouces carrés pour chaque livre de corps.

Chez le fou, il n'y a qu'une surface de 66 pouces

pour chaque livre de corps. Le fou a par conséquent seulement à peu près un quart de la surface d'aile du héron. Les ailes du fou sont cependant des ailes longues et étroites (celles du héron sont larges) qui s'étendent transversalement par rapport au corps ; et l'on trouve que les plus puissantes sont celles de l'albatros qui mesurent quatorze pieds d'un bout à l'autre, et seulement un pied en travers, et élèvent dix-huit livres sans difficulté. Si les ailes du fou qui ont une superficie de trois pieds trente pouces sont capables d'élever 7 livres pendant que les ailes du héron qui ont une superficie de cinq pieds vingt-sept pouces ne peuvent élever que trois livres, il est évident (puisque les ailes de tous les deux sont des leviers tordus , et formées d'après un type commun) que les ailes du fou doivent vibrer avec plus d'énergie que celles du héron ; et c'est effectivement le cas. Les ailes du héron comme je m'en suis assuré par l'observation, font 60 coups ascendants et 60 descendants par minute; tandis que les ailes du fou, lorsque cet oiseau vole en ligne droite allant à la pêche ou en revenant, font près de 150 coups ascendants et 150 descendants pendant le même temps. Les ailes des plongeons et autres oiseaux à courtes ailes et à corps lourd se meuvent avec une beaucoup plus grande vitesse de façon que des ailes comparativement petites peuvent élever un corps relativement lourd si la vitesse est suffisamment augmentée i. Le vol est donc, comme on l'a déjà indiqué, une question

1 Les grèbes, panni les oiseaux, et les scarabées fournissent des exemples où de petites ailes vibrant avec de grandes vitesses sont capables d'élever de grands poids.

de puissance de vitesse et de petites surfaces opposées au poids. Des mesures attentives de la surface de l'aile, et des calculs minutieux de sa vitesse ne peuvent en conséquence que déterminer le minimum de l'aile capable d'élever le maximum de poids. — Le vol pouvant être acquis entre des limites très-écartées.

Ailes, leur forme^ etc.; les ailes sont des vis par leur structure et leurs fonctions. — Les ailes varient considérablement quant à leur aspect général; quelques-unes sont arquées, en forme de faux, d*autres oblongues, d'autres arrondies ou circulaires; d'autres lancéolées et d'autres linéaires i.

Toutes les ailes sont construites sur un type commun. Elles sont dans chaque exemple soigneusement graduées, s' amincissant de la base au sommet, et du bord antérieur au postérieur. Elles sont généralement de forme triangulaire et tordues sur elles-mêmes dans la direction de leur longueur pour former une hélice ou une vis. Elles sont convexes en- dessus, concaves en-dessous, et plus ou moins flexibles et élastiques en tous points, l'élasticité étant la plus grande au sommet et le long de la marge

* a L'aile est courte, large^ convexe et arrondie chez la grive, la perdrix et d'autres gallinacées; longue, large, droite et pointue chez la plupart des pigeons. Chez le faucon pèlerin, elle est aiguë, la deuxième plume étant plus longue et la première plus courte ; et chez les hirondelles, c'est encore plus le cas, la première étant la plus longue, (les autres diminuant rapidement en longueur.» (Macgillivray, Hist. Brit. Bird., vol. I, p. 82.) « Les éperviers ont été classés en nobles et en ignobles suivant la longueur et l'acuité de leurs ailes ; et les faucons ou éperviers à longues ailes se distinguent de ceux à ailes courtes par la deuxième plume de leur aile qui est, soit la plus longue, soit égale en longueur à la troisième, et par leur manière de fondre sur leur proie » — Falconry in the British Isles, par F. H. Salvin et W. Brodrick. Lond., 4855, p. 28.

Page 1