‹ La locomotion chez les animauxChapitre 7 sur 130 · PROGRESSION NATURELLE ET ARTIFICIELLE · texte numérisé non relu

PROGRESSION NATURELLE ET ARTIFICIELLE

d'une manière marquée avec la courbe décrite par l'ondulation stationnaire et progressive des fluides, et aussi avec les ondes sonores. Cette coïncidence parait établir une relation intime entre Tinstrument et le milieu dans lequel il est destiné à opérer ; — Faile agissant suivant des courbes tout à fait semblables à celles que subit l'atmosphère dans la transmission du son. Peut-on admettre que le monde animé et le monde inanimé soient réciproques et que les corps des animaux soient faits pour produire sur les corps inanimés des impressions tout à fait semblables à celles que ces derniers produisent Tun sur l'autre ? Ceci paraît certain : — Le vent communique à Teau des impulsions semblables à celles que le poisson lui communique en nageant ; et Taile dans ses vibrations frappe l'air comme le fait un son ordinaire. De plus les extrémités des quadrupèdes décrivent en marchant ou en courant sur le vol des lignes ondulées ; de sorte qu'une grande loi parait déterminer la course de l'insecte dans Tair, du poisson dans Teau, et du quadrupède sur la terre.

Nous n'avons malheureusement appris en aucune manière à regarder les surfaces et les mouvements des oiseaux, comme corrélatifs aux milieux ambiants, et en conséquence, nous sommes disposés à considérer la marche comme distincte de la natation, la marche et la natation comme distinctes du vol ; il n'y a pas d'erreur plus grande. La marche, la natation, le vol, ne sont en réalité que des modifications l'un de l'autre. La marche se transforme en natation, la natation en vol par d'insensibles gradations. Les modifications qu'ont produites marche, natation et vol sont nécessitées par ce fait que la terre offre un sou-

tien plus ferme que l'eau, l'eau un plus ferme que l'air, La preuve que la marche, la natation et le vol représentent les parties intégrantes du même problème, c'est que la plupart des quadrupèdes nagent aussi bien qu'ils marchent, et même que quelques-uns volent, tandis que beaucoup d'animaux marins marchent aussi bien qu'ils nagent, et que des oiseaux et des insectes marchent, nagent et volent indifféremment. Lorsque les animaux terrestres proprement dits, passent fréquemment dans l'eau ou dans Tair ; que les habitants de l'eau s'essaient constamment sur la terre ou dans Tair ; que les insectes ou les oiseaux qui sont plus particulièrement organisés pour le vol, passent la plus grande partie de leur temps sur la terre ou dans Teau ; leurs organes de locomotion doivent posséder ces particularités de structure qui caractérisent comme classe les animaux qui vivent respectivement sur terre, dans l'eau ou dans Tair.

Ceci nous donne l'explication de Faile réticulée de Tinsecte, — de la main curieusement modifiée de la chauvesouris et de l'oiseau, — de la patte, du pied palmé de la Loutre, de FOrnithorhynque, du Phoque et du Morse, — de la queue élargie de la Baleine, du Marsouin, du Dugong et du Lamantin, — du pied de l'Autruche, de l'Aptéryx et du Dodo exclusivement destinés à la course, — de la patte des Canards, des Mouettes et des Pétrels spécialement faites pour la natation, et des ailes et des pattes des grands et des petits Pingouins, et des Guillemets spécialement destinés à plonger. D'autres modifications intermédiaires se présentent dans le poisson-volant,. le lézardvolant, l'écureuil-volant ; et d autres animaux, tels que la grenouille, le triton, et plusieurs insectes aquatiques

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