ELYTRES, AILES MEMBRANEUSES
sont présentes, agir plutôt comme supports et comme tenseurs mécaniques, en vertu de leur rigidité et de leur élasticité seules, — leur disposition permettant à l'aile de se plier dans diverses directions, s'il est nécessaire, pen* dant la flexion et se donner le degré de fermeté pendant rextension. Elles sont donc, à tous égards, analogues au squelette de Taile chez la chauve-souris et l'oiseau. Dans les ailes qui, pendant la période de repos, sont repliées sous les élytres, la simple extension de l'aile chez Tinsecte mort, où aucune injection de fluide n'a lieu» fait tomber les nervures en position, et fait dérouler ou déployer les portions membraneuses de l'aile précisément comme chez l'insecte vivant, et ainsi qu'il arrive chez la chauve-souris et l'oiseau. Ce résultat s'obtient par la disposition spirale des nervures à la racine de l'aile, la nervure antérieure occupant une position plus élevée que celle qui est plus en arrière, comme les feuilles d'un éventail. L'arrangement spiral qui. se présente à la base s'étend aussi jusqu^aux bords, de sorte que les ailes qui se repUent ou se forment, aussi bien que celles qui ne le font pas, sont tordues sur elles-mêmes et présentent un certain degré de convexité sur leur surface supérieure et une concavité correspondante à leur surface inférieure; leur bord Ubre fournissant ces belles courbes qui agissent avec tant d'efficacité sur l'air pour obtenir le maximum de résistance et le minimum de déplacement ; ou, ce qui est la même chose, le maximum de soutien avec le minimum de glissement (fig. 92 et 93, p. 240).
Les ailes des insectes peuvent être mises en oscillation dans des espaces donnés, antérieurement, postérieurement ou centralement par rapport au plan du corps ; ou
240 PROGRESSION JDAN8 OU A TRAVERS L'AIR dans des positions intermédiaires par rapport à lui et & une ligne perpendiculaire. L'aile ou les ailes d'un c6té
. 9Î. — Aile droiu du Mirsbée [Golialhiii miaai), tattu» doTMb. elta aile ressemble quelque peu i celle de rémonrliel (Bg. SI, p. m] iranie forme. Elle s nue marge enlérieure épaisse [d t f) et une poil*eure mince (a * c). De fortes nervarea s'étendent le Jung de U nurgo ilêrievre [d] jusqu'au point {e] où l'aile se replie pendant le repos. Ici, « nervures se aepsrent, diiergent, et deïïennODl gr»duellaa>ont de plui 1 ptui petites jusqu'à ce qu'elles fttteignonl l'eitrémité de l'aile l/), et , marge postérieure on mince [6]; d'autres neriurea riyoooeol ta lUrbes gracieuses depuis ta racioe de l'aiie. Elles deri
le de la cluuTe-soaria (B; scarabée (/ 4), au, pliais ■lies marquées / b. peu.ei seau, celles marquées o c.
I. V3. — Aile droite du ■cecebée (Solfa'Aui mieani) comm' la derri&re et de dessous. Quand on les regarde ainsi, U m>[) lU épaisee [d f) et la marge postérieure ou mince (* n e) se lans des plans diSéreaU et forment une véritable tis ou hé .ei aux fig. eb et 67, p. Î4I et Î4Î. — Originale.
peuvent également se mouvoir indépendamment de celles du côté opposé de façon que le centre de gravité qui, chez
ÊLÏTRES, AILE3 MEMBRANEUSES 241
les insectes, les chauves-souris et les oiseaux, est suapendu, n'est pas troublé par les évolutions sans fia exécutées en montant, descendant, touniant. Le centre de gravité varie chez les insectes suivant la forme du corps, la longueur et la forme des membres et des antennes, et la position et la forme des ailes. Il est corrigé chez quelques-uns par la courbure du corps, chez d'autres par la flexion ou le redressement des membres et des antennes, mais surtout par l'habile jeu des ailes elles-mêmes.
(PfiK[(wAii.o gradiisj tob de m»rge «DlÉrieure ou épiiiie > da c«Ltei de li marge postA-
L'aile de la chauve-souris et de l'oiseaa, comme celle de l'insecte, est concavo-convexe et plus ou moins tordue sur elle-même (Gg. Si. 95, 96 et 97).
Pirrianiw. «6
La torsion est due en grande partie à la manière dont les os sont tordus sur eux-mêmes, et à la nature spirale de leurs surfaces articulaires, les grands axes des articulations se coupant toujours à peu près à angles droits. Comme résultat de cette disposition des surfaces articu-
a perdrix k pieds rouget [Ptrdrix rubra), t:
' r> lilSB eoDrlei arroodie
j. ISO) qui fournit un «
,rge inliricara; b a c, i
> (b), .»eor.d.ir.. (a), .
jportiDt muluailamenl. Cetls lile, comme . 139], a «té dealLDie d'apria ud apéclmen
du plume» el de monlrer comment elles te recouvteot. — Orijjinafc. Fia. 97. — Aile droite de la perdrix à piedt niugei {Pirdrix ruira) vue de derritre et de desaoui, oamme chei le icarab^e (ig. 81) at la chauresourit [Dg. 95). Uèmn lellrea el mémts aiplicatîona pour lea trots. — Oriehali.
laires, l'aile est développée ou étendue, retirée ou fléchie dans un véritable plan, les os de l'aile tournant dans la direction de leur longueur pendant les deux mouvements. Cette action secondaire ou la rotation des os composants ' sur leurs axes est de la plus grande importance, dans les mouvements de l'aile, car il communique & la main et &
os DE L'AILE DE LA CHAUVE-SOURIS 243
Tavant-bras, et en conséquence à la membrane ou aux plumes qu'elles portent, les angles précis nécessaires au vol. Elle assure en fait que l'aile, et le rideau, la voile ou la frange de l'aile seront profondément vissés dans l'air pendant l'extension et dévissés ou dégagés pendant la flexion. On peut donc comparer l'aile de la chauve-souris et de Toiseau à la grande vrille ou tarière, l'axe delà vrille représentant les os de l'aile, les filets spiraux de la vrille le frein ou la voile (fig. 95 et 97).
Os de Vaile de la chauve-souris, — Configuration spirale de leurs surfaces articulaires. — Les os du bras et de la main méritent une attention spéciale. L'humérus (fig. 47, r, p. 51) est court et tordu sur lui-même, jusqu'à l'étendue d'un peu moins d'un quart de tour. Comme conséquence, le grand axe de l'articulation de l'épaule est à peu près à angle droit avec celui de l'articulation du coude. On peut faire de semblables remarques sur le radius (l'os principal de l'avant-bras) (d), et le second et le troisième os métacarpiens avec leurs phalanges (e f) , qui tous sont grandement allongés et donnent de la force et de la rigidité à la marge antérieure ou épaisse de l'aile. Les surfaces articulaires des os dont nous parlons, aussi bien que des autres os delà main, sont disposées en spirale Tune par rapport à l'autre, les grands axes des articulations se coupant à peu près à angles droits. L'objet de cette disposition est particulièrement évident quand l'aile d'une chauve-souris vivante ou récemment morte est étendue et fléchie comme pendant le vol.
Dans l'état de flexion l'aile est notablement réduite en dimension, sa surface inférieure étant à peu près parai-
lèle au plan de progression. Quand l'aile est complètement étendue, sa surface inférieure fait un certain angle avec l'horizon, l'aile étant alors sur le point de donner le coup descendant qui est frappé comme par l'insecte en bas et en avant Quand l'extension a lieu, Tarticulation du coude est abaissée et portée en avant, le poignet élevé et porté en arrière, les articulations métacarpe - phalan* giennes abaissées et inclinées en avant, et les articulations digitales phalangiennes légèrement élevées et portées en arrière. Le mouvement de l'aile de la chauve-souris, dans l'extension, a donc lieu en une spirale, courant alternativement de dessous en haut et en avant, et de dessus en bas et en arrière (comparez aux flg. 79, p. 203). Gomme les os du bras, de Tavant-bras et de la main tournent sur leurs axes pendant l'acte de l'extension, il suit que la marge postérieure ou mince de l'aile tourne dans une direction descendante, l'antérieure ou épaisse tournant dans une direction opposée, jusqu'à ce que l'aile fasse avec l'horizon un angle d'à peu près 30 degrés, ce qui est, comme je me suis déjà efforcé de le démontrer, le plus grand angle fait par Taile pendant le vol. L'action de l'aile de la chauve-souris à l'épaule est particulièrement libre, ea partie parce que l'articulation de l'épaule est universelle, et en partie parce que romoplate participe aux mouvements de cette région. La liberté d'action dont nous parlons, permet à la chauve-souris, non-seulement de tourner et de tordre l'aile dans son ensemble, en vue de diminuer et d'accroître Fangle que sa surface inférieure fait avec l'horizon, mais d'élever et d'abaisser l'aile et de la mouvoir en avant et en arrière. Le mouvement rotatoire ou de torsion de l'aile est un trait essentiel du vol, en
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ce qu'il permet à la chauve-souris (et ceci reste vrai de l'insecte et de l'oiseau) de s'équilibrer avec la plus parfaite exactitude, et de changer sa position et son centre de gravité avec une merveilleuse dextérité. Les mouvements de l'articulation de l'épaule sont restreints dans certaines limites par un système de ligaments modérateurs, et par les apophyses acromion et coracoïde de l'omoplate. L'aile est repliée ou fléchie par l'action de ligaments élastiques qui s'étendent entre Tépaule, le coude et le poignet. Certains tissus élastiques et fibreux situés entre les doigts et dans la substance de l'aile prennent généralement part à la flexion. La chauve-souris vole avec grande facilité et pendant des périodes prolongées. Son vol est remarquable par sa douceur, ce en quoi elle dépasse le hibou et les autres oiseaux nocturnes. L'action de l'aile de la chauve-souris, et les mouvements de ses os composants sont essentiellement les mêmes que chez l'oiseau.