AILES DES OISEAUX
Os de l'aile de l'oiseau. — Leurs surfaces articulaires^ mouvements f etc. — L'humérus ou os du bras de l'aile est supporté par trois os du tronc, l'omoplate, la clavicule ou fourchette S et l'os coracoïde, ces trois os convergeant pour former un point d'appui^ ou centre de support pour
1 Les clavicules sont ordinairement unies par un ligament à la partie antérieure du sternum ; mais chez les oiseaux à vol puissant dont les ailes sont habituellement étendues pour glisser ou
la tête de rhumérus, qui est reçue dans les facettes ou dépressions situées sur les omoplates et les os coracoïdes. Afin que l'aile puisse avoir un mouvement d'une portée presque illimitée, et soit menée à la manière d'un fléau, elle est articulée au tronc par une jointure universelle quelque peu lâche qui permet les mouvements verticaux, horizontaux et intermédiaires i. Le grand axe de l'articulation est dirigé verticalement ; la jointure elle-même quelque peu en arrière. Il en est autrement de l'articulation du coude qui est tourné en avant, et a son grand axe dirigé horizontalement, parce que Thumérus est tordu sur lui-même d'environ un quart de tour. L'articulation du coude est décidément de nature spirale, son grand axe coupant celui de l'articulation de Pépaule à peu près à angle droit. L'humérus s'articule au coude avec deux os, le radius et le cubitus, dont le premier s'écarte de l'humérus, pendant que l'autre s'en rapproche pendant l'extension, l'inverse ayant lieu pendant la flexion. Les deux os, de plus, pendant que ces mouvements ont lieu, tournent d'une plus ou moins grande quantité sur leurs axes. Les os de l'avant-bras s'articulent au poignet avec les os du carpe, qui sont disposés en spirale, placés obliquement entre eux et les os métacarpiens, et transmettent le mou-
planer, comme chez la frégate, la jonction est de nature osseuse, a Chez la frégate, la fourchette est comme ankylosée avec les os coracoïdes ». — Ânat. et phys. comp. des vertébrés, par le prof. Owen, vol. ii, p. 66.
^ ff L'os humérus, ou os du bras, est articulé par une petite surface arrondie à une cavité correspondante formée entre l'os coracoïde et l'omoplate de manière à laisser une grande liberté de mouvement. » Macgillivray, Oiseaux de la Gr. Bretagne, vol. i, p. 33. « Le bras est articulé au tronc par une articulation en boule et bassinet donnant toute la liberté de mouvement nécessaire au vol. » — Cycl. d'An, et de Phys., vol. ni, p. 424.
os, ARTICULATIONS DES AILES 247
vement à ces derniers dans une direction recourbée. Le grand axe du poignet est autant que possible à angle droit avec celui du coude, et plus ou moins parallèle à celui de Tépaule. Les os métacarpiens ou os de la main et les phalanges ou os des doigts sont plus ou moins confondus, ce qui vaut le mieux pour soutenir les plumes primaires de Tefficacité desquelles le vol dépend principalement. Ils sont articulés les uns aux autres par de doubles articulations en charnière dont les grands axes font à peu près des angles droits entre eux.
Gomme résultat de cette disposition des surfaces articulaires, l'aile s'allonge ou s'étend, se rétracte ou se fléchit dans un plan variable, les os composant l'aile, particulièrement ceux de Tavant-bras, tournant sur leurs axes pendant chaque mouvement.
Cette action secondaire ou rotation des os composants sur leurs axes, est de la plus grande importance dans les mouvements de l'aile, comme communiquant à la main et à l'avant-bras, et en conséquence aux rémiges primaires et secondaires qu'elles portent , précisément les angles nécessaires au vol; en fait, elle assure que l'aile, et le rideau ou frange que forment les plumes primaires et secondaires se visseront dans l'air pendant l'extension, et s'en dévisseront ou s'en retireront pendant la flexion. L'aile de l'oiseau peut donc être comparée à une grande vrille ou à une tarière ; l'axe de la vrille représentant les os de l'aile , les filets spiraux de la vrille les plumes primaires et secondaires (flg. 63, p. 191, et fig. 97, p. 242).
Traces de dessein dans Vaile de l'oiseau. — Disposi-
tion des plumes primaires, secondaires, tertiaires, etc. — Il y a dans la nature peu de choses construites plus admirablement quePaile de l'oiseau, et peut-être aucune où Ton suive plus aisément la trace d'un dessein. Sa grande force et son extrême légèreté, la manière dont elle se ferme ou se replie pendant la flexion, dont elle s'ouvre ou s'étend pendant l'extension , aussi bien que la manière dont les plumes sont attachées ensemble et dont elles se recouvrent dans les diverses directions pour produire une surface à la fois solide et résistante, présentent un degré de perfection sur lequel l'esprit doit nécessairement revenir avec plaisir. Si l'on ne s'occupe que des plumes de l'aile, on peut convenablement les diviser en trois groupes de trois chacun sur les deux côtés de l'aile, — un groupe supérieur ou dorsal (fig. 61, d, e, f, p. 189), un groupe inférieur ou ventral (c, a, h) et un intermédiaire. Cette division a pour but de rapporter les plumes aux os du bras, de l'avantbras et de la main, mais elle est plus ou moins arbitraire dans sa nature. Le groupe ou la rangée inférieure consiste en plumes primaires (b), secondaires (a), tertiaires (c), attachées ensemble par un tissu tel qu'elles se meuvent en dehors ou en dedans, tournent sur leurs axes, précisément au même moment; — les groupes moyen et supérieur, qui recouvrent les plumes primaires, secondaires et tertiaires constituant ce qu'on appelle les grandes et les petites couvertures. Les plumes ou rémiges primaires, sont les plus longues et les plus fortes, les secondaires (a) viennent ensuite, et les tertiaires en troisième heu. Les tertiaires, cependant, sont parfois plus longues que les secondaires. Les plumes tertiaires, secondaires et primaires croissent en force de dedans en dehors, c'est-à-dire du