FLEXION J)B L'AILE NÉCESSAIRE AU VOL
chez le pigeon en plein vol, et également chez le sansonnet, le moineau et le martinpècheur (fig. 102).
Elle a lieu principalement à Tarticulation du poignet, et donne à l'aile cette trépidation, ce tremblement si apparent pendant le vol rapide, et chez les jeunes oiseaux encore nourris par les parents. L'objet à atteindre est manifeste. Par la flexion des ailes pendant le vol, les rémiges ou plumes ramantes s'entr'ouvrent, s'écartent, et l'air peut s'échapper au travers, — et Ton prend ainsi avantage de l'action particulière des plumes individuellement et de la possibilité de changer de dimension, perceptible à un plus haut degré dans l'aile de l'oiseau que dans celle de la chauve-souris et de l'insecte.
En vue de corroborer l'opinion ci-dessus, j'ai étendu les ailes de plusieurs oiseaux comme pendant le vol rapide et les ai fixées dans cette position étalée, en leur attachant des roseaux légers et inflexibles. Dans ces expériences, les articulations de l'épaule et du coude étaient tout à &it libres, les articulations du poignet ou carpienne et métacarpienne étant seules liées. Je pris soin, de plus, de contrarier aussi peu que possible l'action du ligament élastique ou membrane de Taile qui dans les circonstances ordinaires ramène ou fléchit l'aile, les roseaux étant attachés pour la plupart aux ailes primaires et secondaires. Quand les ailes d'un pigeon étaient attachées de la sorte, l'oiseau ne pouvait pas s'élever, quoiqu'il fit des efforts excessif^ pour y réussir. Quand on le laissait tomber de la main, il tombait violemment à terre malgré les vigoureux mouvements faits par ses ailes pour l'en préserver. Quand en le jetait en l'air, il battait énergiquement de l'aile pour tftcher d'atteindre le colombier
qui était tout auprès ; chaque fois, cependant, il tombait plus ou moins lourdement, la distance atteinte variant avec la hauteur à laquelle on le projetait.
Pensant que probablement la nouveauté de la situation et rétrangeté de ces appareils confondaient Toiseau, je le laissai se promener et se reposer sans enlever les roseaux. Je répétai l'expérience par intervalles, mais sans meilleur résultat. Les mêmes phénomènes, je dois le remarquer, se présentèrent avec le moineau ; de façon que je pense qu'on ne peut douter qu'un certain degré de flexion des ailes est indispensable au vol de tous les oiseaux — sa quantité variant suivant la grandeur et la forme des ailes, étant plus grande chez les oiseaux à courtes et larges ailes, comme la perdrix et le martin-pêcheur, moindre chez ceux dont les ailes sont modérément longues et étroites, comme chez les mouettes et un grand nombre d'oiseaux océaniques, et la plus petite chez les oiseaux à corps lourd, à ailes longues et étroites, voiliers ou planeurs, dont le meilleur exemple est l'albatros. De plus le degré de flexion varie suivant que l'oiseau s'élève, s'abaisse, avance dans une direction horizontale, ce degré élant le plus grand dans les deux premiers cas, moindre dans le dernier.
Il est vrai que chez les insectes, excepté peut-être chez ceux qui replient ou ferment l'aile pendant le repos, aucune flexion de l'aile n'a lieu dans le vol ; mais ce n'est pas un argument contre ce mode de diminution des ailes pendant le coup ascendant, là où existent les articulations; et il est plus que probable que quand il y a des articulations, elles sont ajoutées pour augmenter la puissance de l'aile pendant sa période active, c'est-à-dire pendant le '