‹ La locomotion chez les animauxChapitre 83 sur 130 · FORGES MOTRICES DES AILES DES INSECTES · texte numérisé non relu

FORGES MOTRICES DES AILES DES INSECTES

variés qui caractérisent les coups ascendant et descendant. On peut donc dire que Taile est abaissée par le raccourcissement du groupe antéro-postérieur, aidé par les muscles obliques, et élevée par le raccourcissement des muscles verticaux et obliques, aidés par les ligaments élastiques et la réaction de l'air. Si nous adoptons cette manière de voir, nous avons une explication physiologique du phénomène, comme nous avons un cercle ou cycle complet du mouvement, le groupe de muscles antéro-postérieur se raccourcissant quand le groupe vertical s'allonge, et vice versa. Ceci est, je puis l'ajouter, en conformité avec tous les autres arrangements musculaires où nous avons ce qui est ordinairement appelé extenseurs et fléchisseurs, pronateurs et supinateurs, abducteurs et adducteurs, etc., mais qui, comme je l'ai déjà expliqué (p. 36 à 48), sont simplement deux moitiés d'un cercle de muscle et de mouvement, disposition qui assure les mouvements diamétralement opposés aux surfaces motrices de tous les animaux.

La note de Ghabrier que je donne ci-dessous, appuie virtuellement cette hypothèse :

« C'est généralement par l'intervention de mouvements convenables du dos, qui sont très-considérables pendant le vol, que les ailes ou élytres sont mues également et simultanément. Ainsi quand il s'élève, il amène avec lui le côté interne de la base de l'aile auquel il est articulé, ce qui produit l'abaissement de la partie extérieure de l'aile ; et quand il s'approche de la partie sternale du tronc, le contraire a lieu. Pendant l'abaissement des ailes, le dos se courbe d'avant en arrière, ou de telle manière que son extrémité antérieure se rapproche de la pqsté-

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rieure, que son milieu s'élève et que ses portions latérales s'écartent encore plus Tune de l'autre. Le contraire a lieu pendant Télcvation des ailes ; l'extrémité antérieure du dos étant reportée à une plus grande distance de la postérieure, son milieu s'abaissant et ses côtés se rapprochant. Ainsi sa courbure dans une direction produit une diminution de courbure dans la direction qui lui est normalement opposée; par les alternances de ces mouvements, et à l'aide d'autres moyens, le corps est alternativement comprimé et dilaté, et les ailes sont alternativement élevées et abaissées i. »

Chez les libellules, les muscles sont insérés dans les racines des ailes comme chez la chauve-souris et roiseau, la seule différence étant que chez ces derniers les muscles se prolongent dans les ailes jusqu'à leurs extrémités.

Toutes les ailes que j'ai examinées, soit d'insectes, de chauves-souris ou d'oiseau, sont ramenées, fléchies vers le corps par l'action de ligaments élastiques, ces tissus par leur simple contraction faisant reprendre aux ailes pleinement étendues et présentant leur maxhnum de surface, leur position de repos, et le plan de moindre résis- ' tance. Le principal effort requis pour le vol semble donc être pendant l'extension et le coup descendant. Les ligaments élastiques sont diversement formés, et le total de la contraction qu'ils subissent est en tous cas exactement adapté à la taille et à la forme des ailes, et la rapidité avec laquelle elles sont mises en mouvement — la contraction étant plus grande chez les oiseaux à courtes ailes et à corps lourd, et moindre chez ceux à corps léger et

i Chabrier, interprété par £. F. Beanett F. L. S., etc.

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