‹ La locomotion chez les animauxChapitre 84 sur 130 · VITESSE ACQUISE PAR LES INSECTES · texte numérisé non relu

VITESSE ACQUISE PAR LES INSECTES

à grandes ailes , particulièrement ceux qui planent ou glissent.

L'action mécanique des ligaments élastiques , j'ai à peine besoin de le remarquer, assure une certaine période de repos aux ailes à chaque coup, et c'est un point de quelque importance, comme montrantque les vols prolongés et laborieux de certains insectes et oiseaux ne sont pas sans intervalles de repos déterminés.

Vitesse acquise par les insectes. — On peut citer un grand nombre d'exemples des merveilleuses facultés de voler que possède la classe des insectes. Le mâle du ver à soie {Attacus Paphia) fait, dit-on, plus de cent milles par jour 1 ; et un écrivain anonyme^ dans le Nicholson Journal 2, calcule que la mouche commune (Musca dômestica), dans le vol ordinaire, fait 600 coups par seconde, et avance de vingt-cinq pieds, mais que cette vitesse, si l'insecte est alarmé, peut être multipliée par six ou sept, de sorte que, dans certains cas, elle dépasse le cheval de course le plus agile. Toute personne qui a voyagé à cheval un chaud jour d'été a dû être frappée du nuage de mouches qui bourdonne autour des oreilles de son oheval même quand l'animal a son allure la plus rapide; et il n'est pas rare de voir une abeille ou une guêpe s'efforcer d'entrer par la fenêtre d'un chemin de fer à toute vitesse. Si un petit insecte avance beaucoup plus vite qu'un cheval de course, un insecte aussi grand qu'un cheval irait beaucoup plus vite qu'un boulet de canon. Leeuwenhoek raconte une chasse très-intéressante qu'il observa un jour

* Linn. Trans. vu, p. 40.

« Vol. III, p. 36.

dans une ménagerie d'à peu près cent pieds de long entre une hirondelle et une libellule (Mordella). L'insecte volait avec une vitesse incroyable et tournait avec tant d'adresse que rhirondelle, malgré tous ses efforts, échoua complètement et ne put ni l'atteindre ni s'en emparer K

Considération des forces qui meuvent les ailes des chauves-souris et des oiseaux. — I^e système musculaire des oiseaux a été si fréquemment et si fidèlement décrit que je n'ai besoin d*y revenir que pour dire qu'il y a des muscles qui par leur action sont capables d'élever et d'abaisser les ailes, et de les faire mouvoir en avant, en arrière et obliquement. Ils peuvent aussi étendre ou redresser et ployer ou fléchir les ailes, et les faire tourner dans la direction de leur longueur pendant les coups descendant et ascendant. Les muscles qui contribuent principalement à l'élévation des ailes sont les petits pectoraux ou muscles de la poitrine (pectorales minor), ceux qui contribuent surtout à rabaissement des ailes sont les grands pectoraux (pectorales major) . Les muscles pectoraux correspondent à la masse charnue qui se trouve sur Tos de la poitrine ou sternum, qui chez les oiseaux volants a une forme de bateau et est munie d'une carène. Ces muscles sont souvent si puissants et si lourds qu'ils dépassent tous les autres muscles du corps. La puissance des oiseaux se concentre ainsi pour mouvoir les ailes et donner de la fermeté

1 a Le faucon hobereau qui abonde en Bulgarie pendant les mois d été, attrape de grosses libellules qiïil saisit avec les pieds et dévore pendant qu'il est en l'air. Il tue aussi, quoique plus rarement, des martinets, des alouettes, des tourterelles et des gobe-mouches. » — Fauconnerie dans les Iles Britanniques, par Francis Henry Salvin et Willian\ Brodrick Londres, 1855.

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à la masse volante. Chez les forts voiliers, la carène est très-grande pour fournir de larges points d'attache aux muscles qui servent à mouvoir les ailes. Chez les oiseaux qui ne peuvent pas voler, comme les membres de la famille de l'autruche, le sternum ou os de la poitrine n'est pas caréné.

Les remarques faites sur les muscles des oiseaux s'appliquent avec de très-légères modifications à ceux de la chauve- souris. Les muscles des chauves-souris et des oiseaux, particulièrement ceux des ailes, sont engrenés et unis pour l'action aux ligaments ou membranes élastiques que nous allons décrire à présent i.

Flaccidité de Varticulation de l'épaule chez les chauveS'SouriSj les oiseaux, etc. — La grande flaccidité de l'articulation de l'épaule chez la chauve souris et l'oiseau permet aisément à leur corps de tomber en avant pendant le coup ascendant. Cette articulation, comme on l'a déjà dit, permet le mouvement en toute direction de façon que le corps de la chauve-sourià et de l'oiseau est comme une boussole sur sa double suspension, c'est-à-dire balance et oscille, et est en équilibre quelle que soit la position de ses ailes. Les mouvements de l'articulation de l'épaule chez l'oiseau, la chauve-souris et l'insecte sont renfermés entre certaines limites par un système de ligaments d'arrêts et de proéminences; mais en chaque cas, l'étendue du mouvement est très-grande, les ailes pouvant se balancer

1 Une des meilleures descriptions des os et des muscles de Toiseau esl celle que donne M. Macgillivray dans son ouvrage admirable, étendu et intéressant, intitulé Histoire des Oiseaux de la Grande-Bretagne. Londres, 1837.

en avant, en arrière, en haut, en bas et à tout degré d'obliquité. Elles peuvent aussi tourner le long de leur marge antérieure ou se tordre dans la direction de leur longueur d'un quart de tour environ. Cette grande liberté de mouvements à Tarticulation de l'épaule permet à l'insecte, à la chauve- souris, à l'oiseau, de tourner et de se balancer sur deux centres, Tun courant dans la direction de la longueur du corps, l'autre à angle droit ou en travers du corps, c'est-à-dire dans la direction des ailes.

Chez les oiseaux la tète de l'humérus est convexe et quelque peu ovale (pas ronde) le grand axe de l'ovale étant dirigé de haut en bas, c'est-à-dire de la face dorsale à la ventrale de l'oiseau. L'humérus peut donc facilement glisser e'fi haut et en bas dans les facettes qui se trouvent aux extrémités articulaires des os coracoïdes et scapulaire, à très-peu près comme la tête du radius glisse sur l'extrémité inférieure de l'humérus. Mais l'humérus a un autre mouvement, il se meut comme une charnière d'arrière en avant et vice versa. L'axe de ce dernier mouvement est presque à angles droits avec celui du premier. Comme cependant l'épaule est unie au corps par de longs ligaments et peut s'en écarter d'un huitième de pouce au plus, il s'en suit qu'un troisième mouvement de torsion peut s* accomplir, la torsion admettant une rotation d'à peu près un quart de tour. Dans l'élévation et l'extension de l'aile préparatoires au coup descendant, il doit se faire deux mouvements opposés, c'est-à-dire un d'avant en arrière et un de bas en haut. Comme cependant les axes de ces mouvements sont à peu près à angles droits l'un par rapport à l'autre, un mouvement spiral ou de torsion est

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