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LIGAMENTS ÉLASTIQUES DE L'AILE

nécessaire pour aller de l'un à Feutre, — pour tourner le coin.

D'après ce qui a été dit il sera évident que les mouvements de Taile, particulièrement à la racine, sont remarquablement libres et très-variés. Une force directrice et limitatrice aussi bien qu'une force propulsive est donc nécessaire.

La force guidante se trouvera dans les muscles volontaires qui unissent l'aile au corps chez l'insecte, et qui, chez la chauve-souris et l'oiseau, outre cette jonction de l'aile au corps, s'étendent le long de l'aile même jusqu'à l'extrémité. On la trouve aussi dans les ligaments musculo- élastiques et autres qui se présentent dans les meilleures conditions chez l'oiseau.

Vaile fléchie et en partie élevée par Vaction des ligaments élastiques. — Nature et position de ces ligaments chez le faisan, la bécassine, lagrue à crête, le cygne, etc. — Quand on écarte à la main l'aile du corps d'un oiseau, la marge postérieure de l'aile formée par les ailes primaires, secondaires, tertiaires, descend en formant avec l'horizon diverses surfaces inclinées (c b, de la fig. 63, p. 491) . Quand cependant on retire la main, même chez l'oiseau mort l'aile se replie instantanément; et en le faisant elle réduit le montant de l'inclinaison des diverses surfaces en question (c 6, d e f de la même figure). L'aile est ployée par l'action de certains ligaments élastiques qui sont allongés pendant l'extension, et reprennent leur position originale pendant la flexion (fig. 98, p. 249). Cette simple expérience montre que les diverses surfaces inclinées requises pour le vol, sont produites par les simples actes de flexion

et d'extension chez les oiseaux morts. Il ne faut cependant pas conclure de ce fait que le vol peut, plus que la marche ordinaire, avoir lieu sans mouvements volontaires. Les plumes, os, ligaments, etc., sont ajustés de telle sorte Tun par rapport à l'autre, que si les ailes se meuvent le moins du monde elles doivent le faire dans la direction convenable — disposition qui permet à Toiseau de voler sans y penser, juste comme nous pouvons marcher sans y penser. Il ne peut cependant y avoir de doute que l'oiseau ait le pouvoir de contrôler ses ailes pendant les coups ascendant et descendant ; car comment autrement pourrait-il fixer et diriger sa course avec une telle précision quand il cherche sa nourriture? Comment fixer ses ailes au niveau et au-dessus du corps pour planer? Comment voler en courbe? comment voler avec, contre la brise, ou à travers? comment se projeter d'un roc directement dans l'espace, ou comment s'élever d'une surface de niveau par l'habile action de ses ailes.

L'aile de l'oiseau s'élève dans une certaine mesure, pendant le vol par la réaction de l'air sur sa surface inférieure, mais elle est aussi élevée par l'action musculaire — par la contraction des ligaments élastiques, et par la chute du corps en avant, selon une courbe.

La preuve que l'action musculaire est nécessaire, c'est que l'aile est munie de deux muscles élévateurs dismets ^. C'est, en outre, que l'oiseau peut, et il le peut

1 M. Macgillivray et G. J. L. Krarup, auteur danois, disent que l'aile s'élève par une force vitale, c'est-à-dire par la contraction du petit pectoral. Ce muscle, suivant Krarup, agit avec la huitième partie de l'intensité du grand pectoral (abaisseur de l'aile). Il base son affirmation, sur ce fait que chez le pigeon le muscle pectoral

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toujours, élever ses ailes avant de voler, tout à fait indépendamment de l'air.

Quand l'oiseau est convenablement lancé dans l'espace, les muscles élévateurs sont aidés par la tendance qu'a le corps à tomber en avant, par la réaction de l'air, et par la contraction des ligaments élastiques. L'air et les ligaments élastiques contribuent à l'élévation de l'aile, mais tous deux sont évidemment soumis au contrôle — ils forment en effet une chaîne de mouvement qui commence et finit à la fois dans le système musculaire.

Il est évident que les ligaments sont subsidiaires et jusqu'à un certain point sous le contrôle du système musculaire, dans le même sens que l'air Test à cause de ce fait que les fibres musculaires pénètrent les ligaments en question en divers points (a b de la figure 98, p. 249). Les ligaments et les fibres musculaires agissent d'accord et replient ou fléchissent le bras et l'avant-bras. Il y en a d'autres qui fléchissent la main sur l'avant-bras. D'autres rapprochent les ailes du corps.

Les ligaments élastiques, tout en occupant une position analogue dans les ailes de tous les oiseaux, sont diversement construits et diversement combinés avec les muscles volontaires dans les différentes espèces.

Les ligaments élastiques présentent de plus grandes

ou élévateur de l'aile pèse un huitième d'once, tandis que le grand pectoral ou abaisseur de l'aile pèse sept huitièmes d'once. Il fout cependant se mettre dans l'esprit que le volume d'un muscle ne détermine pas nécessairement l'influence précise exercée par son action ; car le tendon du muscle peut agir sur un long levier et dans des conditions favorables pour développer sa force, tandis que l'autre muscle peut agir sur un court levier, et par suite dans des conditions défavorables. — Sur le vol des oiseaux, p. 30. Gopenhagen, 1869.

différences dans les ailes qui vibrent rapidement. — Les ligaments élastiques du cygne sont plus compliqués et mélangés plus libéralement de muscles volontaires que ceux de la grue, et, on ne peut en douter, grâce au fait que les ailes du cygne sont menées avec une vitesse inférieure à celle de la grue . Chez la bécassine, les ailes sont mises en vibration avec une beaucoup plus grande rapidité que chez le cygne, et en conséquence nous trouvons que les bandes fibro-élastiques sont non -seulement augmentées, mais qu'elles sont aussi engrenées à un beaucoup plus grand nombre de muscles volontaires, toutes choses qui semblent prouver que les appareils musculo-élastiques employés pour ramener ou fléchir les ailes vers la fin du coup descendant présentent de plus en plus de différence, à mesure qu'augmente la rapidité avec laquelle elle se meut ^

La raison en est évidente. Si l'aile doit s'agiter avec une plus haute vitesse , elle doit comme conséquence être plus rapidement fléchie et étendue. La rapidité avec laquelle l'aile de Toiseau s'étend et se fléchit, est dans quelques cas excessivement grande ; si grande, en efl'et, qu'elle échappe à l'œil de l'observateur ordinaire. La vitesse avec laquelle l'aile s'élance dans la flexion et l'extension, serait tout à fait inexplicable sans la connaissance du fait que les diverses portions de l'aile forment entre elles des angles qui diminuent ou augmentent instantanément par le plus léger frémissement des systèmes musculaires et fibro-élastiques. Si nous tenons compte du fait

1 Une description soignée des tissus musclo- élastiques qui se trouvent dans l'aile du pigeon est donnée par M. Macgillivray dans son Histoire des Oiseaux de la Grande-Bretagne, p. 37 et 38.

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