PUISSANCE DE L*A1LE 2G
que l'aile de l'oiseau est ramenée ou fléchie par raction combinée des muscles volontaires et des ligaments élastiques; qu'elle est élevée en grande partie par l'effort musculaire; et qu'elle est étendue ou abaissée entièrement par l'effort musculaire; nous éviterons difficilement la conclusion que Taile est complètement sous le contrôle du système musculaire, non-seulement dans la flexion et l'extension, mais pendant toute la durée des coups ascendant et descendant.
Une disposition à tous égards analogue à celle décrite chez l'oiseau se trouve dans l'aile de la chauve-souris, la couverture ou membrane de l'aile formant en ce cas le principal ligament élastique (fig. 17, p. 51).
Puissance de Vaile — à quoi elle est due. — La forme et la puissance de l'aile dépendent de trois circonstances : de la longueur de Thumérus ^ delà longueur du cubitus ou de Tavant-bras, et de la longueur des plumes primaires. Chez l'hirondelle, l'humérus, et chez le colibri, le cubitus sont très-courts, et les plumes primaires sont très longues; tandis que chez l'albatros, l'humérus ou os du bras est long, et les primaires courtes.
Quand une de ces conditions est remplie, l'aile est extraordinairement allongée et en forme de faux (fig. 62, p. 490) — disposition qui permet à l'oiseau de se tenir sur ses ailes pendant d'immenses périodes avec comparative-
^ « L'humérus varie entièrement dans sa longueur ; il est trè£court chez les hirondelles, de longueur modérée chez les gallinacés, plus long chez les corneilles, très-long chez les mouettes et extraordinairement long chez l'albatros. Chez Taigle doré il se trouve aussi d'une grande longueur ». — Macgillivray, Oiseaux de la Grande-Bretagne, vol. i, p. 30»
ment peu d'effort, et de rouler, de tourner, de glisser avec facilité et avec grâce. Quand l'aile a une forme tronquée, arrondie (fig. 96, p. 242), qui est. ordinairement associée à un corps lourd comme dans la grive, la caille, le plongeon et le grèbe, l'effort musculaire produit et la rapidité avec laquelle l'aile se meut sont très-grands. Ces oiseaux manquent de facilité pour tourner et volent en lignes droites ou font de grandes courbes. De plus, ils s'élèvent avec difficulté, et reviennent à terre un peu maladroitement et lourdement. Leur vol cependant est parfait quand il dure.
L'oie, le canard (fig. 107, p. 280), le pigeon (fig. 106, p. 279) et la corneille sont intermédiaires sous le rapport de la forme de l'aile et de la rapidité avec laquelle elle se meut.
Le héron (fig. 60, p. 475) et le colibri fournissent des exemples dans un autre sens, — le héron ayant de grandes ailes avec un mouvement lent, le colibri une aile comparativement grande avec un mouvement très- accéléré.
Mais je n'ai pas besoin de multiplier ces exemples; qu'il suffise de dire que le vol peut être atteint entre certaines limites par toute dimension et toute forme d'aile, si le nombre des oscillations s'accroît en proportion du poids à élever.
Raisonspour lesquelles le coup effectif doit être donné en bas et en avant. — Les ailes des oiseaux, quelle que soit leur forme, agissent en présentant alternativement à l'air des surfaces obliques et d'autres comparativement non obliques, — la simple extension de l'aile, comme on l'a montré, faisant que les plumes primaires, secondaires et tertiaires s'inclinent jusqu'à ce qu'elles fassent un angle de 30 degrés ou à peu près avec l'horizon, afin de
LE œUP EFFECTIF EST DONNÉ EN AVANT 269
se préparer à donner le coup effectif qui est frappé avec grande rapidité et énergie en bas et en avant Je répète c en bas et en avant; » car un examen attentif des rapports de Taile chez les oiseaux morts, et une observation précise de son action pendant la vie, accompagnés d'un grand nombre d'expériences sur les ailes naturelles et artificielles, m*ont pleinement convaincu que le coup est invariablement donné dans cette direction ^
> opinions dominantes sur la direction du corps descendant. — M. MacgiUivray, dans son Histoire des Oiseaux de la Grande- Bretagne, publiée en 1837, dit (p. 34) que pendant la flexion, l'aile est menée en haut , en avant et en dedans, mais que pendant rextension, pour donner le coup efficace, elle frappe en dehors, en bas et en arrière. Le duc d*Argyle est de la môme opinion : en parlant du vol des oiseaux , il dit que si un oiseau déplaçant Taxe de son corps peut diriger son aile quelque peu en avant^ cela aura pour effet d'arrêter au lieu d'entretenir la progression ; » et que, < excepté pour suspendre leur vol, les oiseaux ne firappeut jamais que directement de haut en bas — c'est-à-dire directement contre la force opposée de la pesanteur. » — Good Words, février 1865, p. 132
M. Bishop, dans l'Encyc. d'An, et de Phys-, vol. m, p. 425, dit : a Comme conséquence de ce que les plans des ailes sont dirigés perpendiculairement ou obliquement en arrière à la direction de leur mouvement, une impulsion correspondante est donnée à leur centre de gravité ».
Le professeur Owen, de la môme manière, aflfrme que « un coup de haut en bas tendrait seulement à élever l'oiseau en l'air; pour le faire avancer les ailes doivent ôtre mues suivant un plan oblique de manière à frapper en arrière aussi bien qu'en bas ». — Anal, et Phy. comp. des Vertébrés, vol.ii, p. 11^.
Voici ce que dit M. E. Liais : — Quand un oiseau est sur le point d'abaisser l'aile, celle-ci est légèrement inclinée d'avant en arrière. Quand le mouvement de descente commence , l'aile ne descend pas parallèlement à elle-môme d'avant en arrière ; mais le mouve&ient est accompagné par une rotation de plusieurs degrès autour de la marge antérieure, de façon que l'aile présente la face antérieure plus que la postérieure, et que le mouee»
ment descendant se transmet de plus en plus en arHère Quand
l'aile est complètement descendue, elle est à la fois {dus en arrière et plus bas qu'au commencement du mouvement. » — « Sur le mouvement des oiseaux et des iosecteSi » Annales des Se. nat«, vol. XY, 8* série, p. 156»
Si Taile ne frappait pas en bas et en avant, elle agirait avec un désavantage manifeste :
1. Parce qu'elle présenterait la surface postérieure ou convexe à Tair, — une surface convexe dispersant ou faisant diverger Tair, tandis qu'une surface concave le réunit et le fait converger.
2 . Afin de frapper efficacement en arrière, la concavité de Faile devrait aussi être tournée en arrière; et cela impliquerait l'abaissement de la marge antérieure ou épaisse, et l'élévation de la postérieure ou mince pendant le coup descendant, ce qui n'a jamais lieu.
3. La pression à laquelle l'aile est soumise pendant le vol, si Taile frappait en arrière, ne porterait pas sur la m^rge antérieure ou forte de l'aile formée par les os et les muscles, mais sur la marge postérieure ou mince, formée par les extrémités des plumes primaires, secondaires et tertiaires, — ce qui n'est pas d'accord avec la structure des parties.
4. Les plumes de l'aile au lieu d'être closes, comme elles le sont nécessairement, par un mouvement en bas et en avant, seraient inévitablement entr'ouvertes et l'intégrité de l'aile diminuée par un mouvement en bas et en arrière.
5. La disposition des surfaces articulaires de l'aile, particulièrement celle de l'épaule, est de nature à faciliter le mouvement en bas et en avant, tandis qu'elle empêche en grande partie le mouvement en bas et en arrière.
6. Enfin si l'aile frappait réellement en bas et en arrière, on produirait assurément un résultat tout à fait inverse de celui qu'on désire, car une surface oblique qui