VOL DE L'ALBATROS
Le capitaine Hutton dit les remarquables paroles suivantes à propos de l'albatros : — J'ai parfois observé de près un de ces oiseaux planant et tournant en toutes directions pendant plus d'une heure sans voir le plus léger
mouvement des ailes, et je n'ai jamais rien vu de comparable à l'aisance et à la grâce de cet oiseau lorsqu'il traverse l'espace, souvent à la distance de quelques yards, toutes les parties de son corps parfaitement immobiles, excepté la tète et l'œil qui tournent lentement et semblent prendre note de toute chose ^ .
Son âme paraissait tranquille et flottait lentement; dans son mouvement même elle était en repos 2.
Comme antithèse aux ailes en apparence sans vie de l'albatros, on peut présenter l'incessante activité de celles de l'oiseau-mouche. Chez ces oiseaux d'une beauté et d'une déhcatesse exquises, les ailes, selon M. Gould, se meuvent avec tant de rapidité, quand l'oiseau est tenu en
' « Sur quelques oiseaux habitant les mers du Sud ». — Ibis, 2« série, vol. i, 1865.
* Sonnet du professeur Wilson : « Un nuage, » etc.
équilibre devant un objet, qu'il est impossible à Tœil de suivre chaque coup , et qu'un cercle brumeux de chaque côté de Toiseau est tout ce qu'on peut apercevoir. Quand le colibri vole dans une direction horizontale, il va parfois avec une vitesse qui élude complètement l'observation.
Régularité et irrégularité du vol. — La foulque, le plongeon, le canard et Toie volent avec une grande rapidité et à peu près en droite ligne, et avec une immense vitesse; ils glissent ou planent rarement, si jamais, leurs ailes étant trop petites pour cet objet. Le pivert, la pie, la litome et le moineau fournissent des exemples de ce que Ton appelle le vol irrégulier. Ceux-ci, comme on le sait, volent en courbes d'une plus ou moins grande étendue tantôt donnant de vigoureux coups, tantôt les suspendant, ce qui a pour effet de les projeter le long d'une série de courbes paraboliques. La bécassine et le coq de bruyère ont un autre genre d'irrégularité : leur vol est soudain, saccadé et d'un côté à l'autre.
Manière de monter, de descendre^ de tourner^ etc. — Tous les oiseaux qui, comme Thirondelle et les oiseauxmouches, ne se précipitent pas d'une hauteur, s'élèvent d'abord par un saut vigoureux, pendant lequel ils inclinent leur corps dans une direction ascendante, la hauteur atteinte leur permettant d'étendre et d'abaisser leurs ailes sans endommager leurs plumes. Par quelques battements exécutés en bas et en avant, pendant lesquels les ailes se rencontrent presque au-dessus et au-dessous du corps, ils s'élèvent en haut et en avant et dans un temps d'une brièveté surprenante ils acquièrent un degré de momentum qui les aide notablement dans leur voyage ultérieur. £n