‹ La locomotion chez les animauxChapitre 95 sur 130 · L'HÉLICE AÉRIENNE · texte numérisé non relu

L'HÉLICE AÉRIENNE

mécourt et de la Landelle, ont construit des modèles d'horlogerie {orthoptères), qui non-seulement s'élèvent eux-mêmes en Tair, mais encore emportent une certaine charge. Ces modèles sont excessivement fragiles et, à cause de la force prodigieuse nécessaire pour les mettre en action, ils se brisent ordinairement après quelques essais. La fig. Ii2 représente les idées de M. de la Landelle.

Dans les modèles hélicoptériques faits par MM. Nadar, Pontin^ d'Amécourt et de la Landelle, les hélices [yn n o p q r si deldi fig.) sont disposées en batteries, c'est-à-dire qu'elles sont placées les unes au-dessus des autres. Sous ce rapport, elles ressemblent aux aéroplanes recommandées par M. Wenham et essayées par M. Stringfellow (comparez m n op q rs i de la fig. 440, p. 289). Les hélices superposées, comme on Ta déjà indiqué, furent figurées et décrites pour la première fois par sir George Cayley (p. 215). Les hélices françaises et celle employée par M. Philipps, sont rigides et inflexibles, et frappent l'air sous un angle donné, et en cela, je pense, consiste leur principal défaut. De cet arrangement résulte une ruineuse dépense de force et une très-grande quantité de glissage. L'hélice aérienne et la machine qu'elle doit élever peuvent se mettre en mouvement sans élan préli • minaire, et sous ce rapport, elle a l'avantage sur la machine qui n'est soutenue que par des plans de support. Elle a en fait une certaine quantité de mouvement inhérente, son hélice tournant et lui donnant des surfaces actives ou motrices. Elle est en conséquence plus indépendante que la machine imaginée par Henson, Wenham et Stringfellow.

Je puis observer sur le système des plans inclinés poussés en avant sous un angle donné en ligne droite ou en cercle, qu'il ne représente pas le principe adopté par la nature.

L'aile d'un être volant, comme j'ai pris la peine de le montrer, n'est pas rigide; et elle ne frappe pas Tair sous un angle donné. Au contraire elle est capable de se mouvoir de tous côtés, et attaque l'air sous une variété infinie d'angles (p. 208 à 212), Par-dessus tout la surface présentée par une aile naturelle quand on la compare au poids à soulever est remarquablement petite (fig. 89, p. 236). On s'en rend compte par la longueur et la grande portée du mouvement des ailes naturelles. Celle-ci permet aux ailes de convertir de larges espaces d'air en surfaces de support (fig. 64, 65 et 66, p. 492). On s'en rend aussi compte par la multiplicité des mouvements des ailes naturelles, qui permettent aux ailes de créer des courants, de s'élever sur eux et d'éviter les courants naturels, quand ils ne sont pas bien adaptés pour les pousser et les contenir (fig. 67, 68, 69 et 70, p. 495).

Si quelqu'un observe un insecte, un oiseau ou une chauve-souris quand ils préparent leurs ailes, il observera qu'ils peuvent incliner la surface inférieure de leurs ailes sous une grande diversité d'angles avec l'horizon. Ils le font en faisant tourner le bord postérieur ou mince autour du bord antérieur comme axe. Comme résultat de ce mouvement, les deux bords sont fléchis en courbes doubles et opposées, et l'aile est convertie en une vis ou hélice plastique. Il observera en outre que la chauve-souris, l'oiseau et d'autres msectes ont en plus, le pouvoir de plier et de ramener leurs ailes vers le corps pendant le

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coup ascendant, et de les éloigner du corps et de les étendre pendant le coup descendant, de manière à diminuer et à accroître leur surface, dispositions nécessaires pour diminuer le montant de la résistance éprouvée par l'aile pendant son ascension, et l'augmenter pendant sa descente. Il est à peine utile d'ajouter que dans les aéroplanes et les hélices aériennes, construites jusqu'à présent, on n'a rien fait en prévision d'une augmentation ou d'une diminution instantanées de la surface volante ; rien fait pour lui donner de l'élasticité, ou lui faire prendre cette diversité infinie d'angles qui lui permettrait de saisir et d'abandonner l'air avec la rapidité nécessaire. Beaucoup de chercheurs pensent que le vol n'est qu'une question de légèreté et de puissance, et que si une machine pouvait être faite assez légère et assez puissante, elle volerait nécessairement, quelle que fût la nature de ses surfaces volantes. C'est là une erreur des plus graves. Les oiseaux ne sont pas plus vigoureux que des quadrupèdes de même taille, et la machine de Stringfellow qui, comme nous l'avons vu, ne pesait que 12 livres, possédait une force d'un tiers de cheval. Les probabilités sont donc que le vol dépend en grande partie de la nature des surfaces volantes et de la manière de les appliquer à l'air.

Ailes artificielles (idées de Borelli). — Quant à la production du vol par un battement d'ailes, beaucoup de choses peuvent être et ont été dites. De toutes les méthodes jusqu'ici proposées, elle est sans contredit de beaucoup la plus ancienne. Sans nous occuper de la fameuse histoire apocryphe de Dédale et de ses ailes de cire, nous avons une description très-bien faite d'ailes artificielles

dans le « De motu animalium » de Borelli datant de 1680,

c'est-à-dire de près de deux siècles i.

En effet, ce n'est pas trop d'affirmer qu'à ce physiologiste et mathématicien distingué appartient presque tout ce que nous avons connu des ailes artiâcielles jusqu'à 1865. U était bien familiarisé avec les propriétés du coin appliqué au vol, et connaissait également la flexibilité et l'élasticité des ailes. C'est à lui qu'on doit faire remonter la théorie purement mécanique de l'action des ailes. Il a figuré un oiseau avec des ailes artiâcielles dont chacune consiste en une baguette rigide en avant, et des plumes flexibles derrière. J'ai cru bon de reproduire la figure de Borelli à la fois à cause de sa grande antiquité et parce qu'elle ëclaircit admirablement son texte >.

Les ailes (b c f, o e a) sont représentées comme frappant verticalement en bas (gh). Elles s'accordent remarquablement avec celles décrites par Straua-Durckheim, Girard, et tout récemment par le professeur Marsy '.

1 Boretlt, De Molu ADimaliam. Sm. 4<% 2 vola. Rome, 16SU.

* De Molu Animalium, Lngduni BaUvorum, apud Petrum Vaoder. Anno mdclxxxv. T«b, nu, flg 3. (New Edition).

* Revue des Coure Sotentiaques de la France et de l'Etranger,

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