L’AGRANDISSEMENT DES IDÉES ET DES SENTIMENTS
Si nous avons réservé l’année 1792 pour l’étudier à part, c’est qu’elle nous a semblé présenter une physionomie distincte. Les événements intérieurs et extérieurs, en effet, donnent aux mots et aux enchaînements d’idées que nous avons rencontrés, une valeur plus grande et un accent tragique.
(1) Arch. nat. C. 1144. 3002. 7, Adresse de la municipalité de Roanne (Loire), 15 avril 1790.
(2) Arch. nat. ,C. 117. 335. 15. Adresse des officiers municipaux de l’Isle- Jourdain (Vienne), 14 juin 1790.
(3) Arch. nat. C. 125. 406. 21. Députation du bataillon de Bonne- “Nouvelle, 13 novembre 1790.
469 IV-185 Il est indispensable, pour bien saisir le sens des formules. de considérer les pétitions comme un tout, et de les placer dans leur cadre historique; c’est donc seulement lorsqu'on étudiera dans une dernière partie de ce livre la participation des pétitionnaires aux affaires publiques que l’on pourra apprécier pleinement la vie des vocables. Pour le moment, on se bornera à indiquer dans quelle mesure le parler et les liaisons de pensées de 1792 sont la suite de celui des années antérieures, dans quelle mesure ils le dépassent.
On continue de parler comme avant « d'intérêt publie », «de bien publie », de « chose publique. » Les adresses toujours sont inspirées par l'intérêt public (1); on montre le roi prisonnier de l'intérêt personnel (2). Le motif d'intérêt public doit dominer plus que jamais les intérêts particuliers (3); certains considèrent que dans une constitution républicaine
«les intérêts particuliers sont identifiés à l'intérêt général (4). » De même, c’est vers la « chose publique (5) » que se tendent de plus en plus les énergies. L’expression englobe alors tous les besoins de l’État menacé tant à l’intérieur qu'aux frontières; dans ces circonstances les citoyens se déclarent prêts à tous les sacrifices pour la défense de « la chose publique (6) » les corps administratifs exigent que les fonctionnaires soient
(4) Arch. nat. D x. 4. 74. 33. Adresse du département de Seine-et-Oise, 23 mars 1792, et D xr. 6. 3. 3. Adresse des citoyens composant l'assemblée primaire du canton de Bourbon-l’Archambault, 26 août 1792. « Si nous sommes dans l’erreur, nous serons dédommagés par la pureté de notre intention toujours dirigée vers le bien général. »
(2) Arch. nat. D xL. 6. 4.4. Les RER composant le conseil du département des Basses-Alpes en surveillance permanente, 26 juillet 1792.
__ (8) Arch. nat. D xz. 3. 48. 10. Adresse des maires et officiers municipaux de la ville de Coutances à l’Assemblée Nationale, 12 juillet 1792.
(4) Arch. nat. D xz. 3. 60. 10. Pétition de Desparbez à l'Abbaye, Paris, au président du Comité des pétitions, 2 janvier 1792.
(5) La formule « il est nécessaire pour le bien de la chose publique de...» est employée comme synonyme de celle : «il est d'utilité publique que... » v. C. 153. 284. 19. Adresse à l’Assemblée Nationale de Courtois, instituteur et procureur de la commune de Châtillon, district de Bourg-la-Reine (département de Paris), 5 juillet 1792.
(6) Arch. nat. D xr. 4. 72. 1. Adresse du curé Hoiteville à à Clais (Seine-Inférieure), 11 juillet 1792.
à leur poste pour « veiller sur la chose publique », (1) ils supplient l’Assemblée de « sauver enfin la chose publique (2) », ils réclament des mesures militaires : € 1l importe à la chose publique que le département du. Nord... soit à l’abri des incursions. (3) »
Constitution, liberté, loi, patrie... sont les biens précieux que l’on sait, mais les pétitionnaires de 1792 semblent leur attribuer une puissance plus grande encore; la sensibilité s’est faite plus aiguë au contact du danger. De ce fait, 1792 ne se borne pas à continuer les années précédentes, elle se marque par un enrichissement de la pensée et du sentiment.
Lorsqu'on lit sur les drapeaux la devise « la liberté ou la mort (4) », la formule prend une valeur inaccoutumée, un accent « sacré et terrible » diront les adresses (5). Après les grands événements qui ont secoué la Nation : la fuite à Varennes, la journée du 20 Juin, les premiers revers de la guerre, on s’est appris à chérir de plus en plus la liberté, car on a vécu pour elle. Sans la liberté « nous ne voulons plus vivre (6) »; ce désir est une Civresse » qui décuple les énergies (7). D'autre part, on a compris que si Jamais on la perdait, «la France deviendrait le peuple le plus esclave de la terre (8) », par représailles.
(1) Arch. nat. D x1. 6. 2. 27. Extrait des registres du directoire du département de l’Aisne. Séance extraordinaire du 14 juillet 1792.
(2) Arch. nat. C. 158. 331. 23. Le conseil général de la commune de Caen à Messieurs les membres composant le conseil général du département du Calvados, 27 juillet 1792.
(3) Arch. nat. C. 154. 2922, 42, Adresse des citoyens de Pecquencourt (Nord) à l’Assemblée Nationale, 10 juillet 1792.
(4) Arch. communales de la Charité-sur-Loire (Nièvre). Registre des déli-
bérations, t. VI, f0 257. Séance du 27 mai 1792. |
(5) Arch. nat. D x. 1. 6. 2. Adresse au Président de l’Assemblée Nationale des administrateurs composant le directoire et procureur général syndic du département de l’Ardèche, 23 janvier 1792, lue à l’Assemblée le 26 février.
(6) Adresse au Président de l’Assemblée Nationale des administrateurs composant le directoire et du procureur général pions du département de l'Ardèche, précit. 1
(7) Arch. nat. C. 158. 331. 23. Le conseil de la commune de Caen à Messieurs les membres composant le conseil général du département du Calvados, cl RS jet 1792. F Sr
(8) Arch nat D Er 61. 8. Adresse de officiers DU et notables. te
Ainsi, les idées qui se sont implantées dès le début de la Révolution subissent une exaltation, et c’est au cri de la liberté ou la mort! », que les volontaires demanderont la guerre (1).
La liberté s'entend toujours de la dignité de l’homme (2), de la puissance de l’opinion publique (3); mais elle signifie principalement honneur au moment où nous nous plaçons. « Le eri de l'honneur se fait entendre (4) » devant les humihations qu’'inflige l’étranger, et la France écoute la liberté lui dicter l’attitude qu’elle doit prendre.
Les adresses permettent de suivre la filière de ces pensées. On lit : « ce peuple libre apprendra à l'univers qu’il sait se faire respecter (5) »; il montrera au monde quelle « est la politique d’un peuple libre (6)»; des désirs secrets ne sontils pas suspendus à notre triomphe? «l’Europe a les yeux fixés sur vous, dit-on à l’Assemblée Nationale, les nations attendent de savoir ce qu'il peut en coûter aux peuples qui veulent rester libres (7). » Donc c’est à la France « de rendre la liberté à la terre (8). » Le sentiment de l’honneur, l'ivresse de la liberté doivent être par conséquent associés aux idées internationales des pétitionnaires que nous connaissons.
la commune de Saint-Omer (Pas-de-Calais), reçue 30 janvier 1792, lue à l’Assem- ‘blée le 26 février 1792. |
(1) Arch. nat. D xL. 4. 84.7. Adresse des volontaires du 1€T bataiHon du département des Ardennes du 3 janvier 1792, lue à l’Assemblée Nationale, le 11 février 1792.
(2) Arch. nat. D xt. 4. 71.1. Pétition des Hot de Château- du-Loir (Sarthe), 15 janvier 1792.
(3) Arch. nat. D x. 3. 52. 1: Adresse du conseil de la commune de Nancy, 21 janvier 1792.
(4) Arch. nat. D x£. 5. 28. 4. Adresse des membres du tribunal de district d'Excideuil (Dordogne), 14 juillet 1792. x
(5) Arch. nat. D x. 4. 76.7. Pétition de Jean- François Le Sueur, 18 sure (Somme).
(6) Arch. D xr. 4. 72. 3. Pétition des citoyens de Die (Seine-Inférieure), + 26 février 1792:
(7) Arch. nat. D xz. 1. 6. 1. Adresse aux citoyens et arrêté du directoire du département de l'Ardèche sur le maintien de la tranquillité publique, 22 janvier 1792.
(8) Arch. nat. D x. 3. 55. 49. Pétition des citoyens-soldats du district de Thionville, s. d. k
Le principe d'égalité, lui aussi, va se colorer à la lumière des événements. Il devient l’argument qui justifie la guerre; on dira que celle-ci « prendra sa source dans les lois éternelles de l'égalité. » Ainsi, les liaisons d'idées se multiphient (1). La guerre modifie aussi la conception que l’on se fait de cette notion; on est porté à considérer moins l'égalité civile, comme en 1790, qui est une idée bien établie maintenant, que l’aspect plus actuel de légalité de tous devant les charges exceptionnelles de la guerre : € Tout Français doit ou marcher à l’ennemi ou seconder par des... sacrifices ceux qui s’arment (2). » Le but iméluctable, la guerre, est le nœud où s’attachent à cette époque les liaisons d'idées pour le plus grand bien, on le voit, du droit public.
L'idée de constitution s’est de même agrandie. Comment supporter que cette chose précieuse périsse avec les luttes intérieures et l’invasion étrangère ?
Dans la crise, la constitution oriente les énergies. Elle se présente de plus en plus dans les pétitions comme le signe de «ralliement (3). » Elle seule peut «réorganiser et réunir les diverses parties du royaume (4) » en un moment où il n’y a pas un « danger partiel », mais un « danger commun (5). » Elle sera notre (point d'appui», (nous n’en voulons point d’autre que la Constitution (6) », disent les adresses, — bref elle représente le suprême espoir pour lequel on fera l’ultime sacnifice (7). N’est-il pas vrai d’ailleurs que c’est «contre la constitu-
(1) Arch. nat. D xr. 5. 10. 1. Lettre des officiers municipaux de Carcassonne, 11 juillet 1792.
(2) Arch. nat. C. 158. 331. 21. Extrait du registre des séances du conseil du département du Calvados, 31 juillet 1792.
(3) Arch. nat. C. 158. 331. 18. Les administrateurs composant le conseil du département de la Haute-Marne, 30 juillet 1792.
(4) Arch. nat. D x. 4. 68. 3. Proclamation du directoire de district de Roanne (Loire) pour la fédération du 14 juillet 1792. ù
(5) Arch. nat. Fe TITI. Ain. 7. Adresse du conseil général du département de l’Ain à l'Assemblée Nationale, 24 juillet 1792:
(6) Arch. nat. D x1. 7. 8.18. Les citoyens de Saint-Girons (Ariège), 24 juin 1792.
(7) Arch. nat. D xL. 3. 60. 13. Adresse des citoyens de la section des Postes, Paris, 7 février 1792.
üon (1) » et contre la liberté (2) que sont ligués les rois ? Nous avons vu que la guerre a revêtu de ce fait un caractère nouveau : elle est menée pour défendre les institutions que la nation s’est données; dans cette lutte la constitution est l’objet à défendre, « pour la maintenir, 1l faut la guerre (3). »
Le thème de la loi est quelque peu dépassé en raison des événements.
La loi qui est le guide (4), le « flambeau (5) », continue à être présentée comme une règle inviolable (6), et, à l’image de la constitution, comme un signe de ralliement (7); mais elle tend à voir son influence diminuer temporairement par les exigences du salut public. Les circonstances sont telles que les pétitionnaires réclament des mesures de salut publie, la constitution ou la loi dussent-elles en être froissées (8). On demandera, verrons-nous, qu’il soit passé outre au veto, que le roi soit suspendu, déchu, et l’on sait que les pétitionnaires ont cherché à restreindre la liberté d’aller et de venir sur le territoire (9).
(1) Arch. nat. C. 158. 332. 25. Procès-verbal de la séance du conseil général de la commune de Poitiers du 5 août 1792.
(2) Arch: nat. D x. 6. 6. 11. Adresse du conseil général d’administration du département de l’Ardèche aux citoyens de ce département, 17 août 1792.
(3) Arch. nat. D xL. 3. 55. 50. Pétition des citoyens-soldats du district de Thionville (Moselle), R. 11 février 1792. :
(4) Arch. nat. F1, 215. liasse 15. Nièvre. pièce 11. Les administrateurs du directoire et procureur général syndic du département de Ia Nièvre, au ministre .de l’Intérieur, 29 juin 1792.
(5) Arch. nat. D xL. 6. 6. 11. Adresse du conseil général d'administration du département de l'Ardèche, 127 août 1792.
(6) Arch. nat. D xr. 1. 2. 1. Adresse des commis des bureaux établis près le directoire du district de Château-Thierry, 9 juillet 1792. On parle toujours du «sanctuaire des lois » : Arch. nat. D xL. 1.17. 2. Adresse de félicitations à l’Assem- “blée législative des citoyens du district d’Aubigny (Cher), 1792; du «règne de la loi » (Arch. nat. D x. 6. 6. 13. Le procureur général syndic du département de l'Ardèche au président de l’Assemblée Nationale, 24 avril 1792.)
(7) Arch. nat. D xL.1 . 6.1. Adresse aux citoyens et arrêté du directoire du département de l'Ardèche, 22 janvier 1792; « nous les conjurons de se rallier sous l’éténdard sacré de la loi. »
(8) Arch. nat. C. 154. 2922. 87. Les citoyens de la ville d'Angers, 1792.
(9) Arch. nat. D xz. 3. 96. 7. Adresse des citoyens de Nevers (Nièvre), 22 janvier 1792. On proposera pareillement de limiter la liberté de s’enrôler en ce qui
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L'union s’est faite grâce lau sentiment national. Nation, patrie, recèlent donc une énergie exceptionnelle dès linstant où le salut du peuple devient la « loi suprême », où la patrie est proclamée en danger. Les pétitionnaires poussent alors l’Assemblée Nationale à agir; « deux leviers, lui disent-ils, sont entre vos mains : l'opinion publique et la volonté nationale (1) », et cette volonté nationale acquiert de jour en jour plus de puissance. Ce qu’il importe de remarquer, c’est que les pétitionnaires présentent ce sentiment comme associé avec les idées déjà incorporées à leur pensée et que les circonstances ont favorisé ces liaisons. La volonté générale est rattachée, par exemple — ainsi que la liberté à cette époque — au sentiment de l’honneur qui, nous l’avons noté, explique, pour une part, la genèse de l’idée de guerre : (c’est à présent que la volonté générale du peuple français va se manifester dans le champ de l’honneur (2). » Elle est reliée aussi à l’idée civique : « nous rendrons notre nom célèbre qui est ce nom de citoyen que vous nous avez donné (3). » Elle rejoint le patriotisme et les liaisons successives sur l’enthousiasme belliqueux que propage la ferveur pour la constitution et la hberté; à grands cris les pétitionnaires réclament la guerre (4) et leurs pétitions doivent être placées, comme nous le verrons, dans le cadre des événements dont elles sont inséparables, car les rattachements
concerne les ouvriers travaillant pour la défense nationale : v. Arch. nat. C. 158. 332. 1. Les membres du conseil général de la commune de Saint-Étienne (Rhôneet-Loire), 31 juillet 1792. é
(4) Arch. nat. D xL. 6.8. 2. Les administrateurs composant le conseil du département de l'Allier. (Renvoyé à la Commission extraordinaire des Douze, le 26 juillet 1792. )
(2) Arch. nat. D xr.1. 6. 1. Adresse aux citoyens et arrêté du directoire du département de l’Ardèche, précit.
(3) Arch. nat. C. 158. 331. 23. Le conseil général de la commune de Caen à Messieurs les membres CRRReADE le conseil général du département du Calvados, 27 juillet 1792.
(3) Arch. nat. D xr. 3. 61. 9. Adresse de la municipalité de Warluzel Fe -de- Calais), 19 juin 1792. « Nous ne cesserons d’entretenir le grand mouvement du génie citoyen. » Arch.nat. D xz. 5. 28. 4. Adresse des membres du tribunal de district d’Excideuil (Dordogne), 14 juillet 1792.
(4) V. par ex. Arch. nat. D xL. 4. 84.7. Adreise des volontaires dé 1er ais du département des Ardennes, lue à l’Assemblée le 19 février 1792.
d'idées qu’elles élaborent sont sous l’étroite dépendance des faits.
Le patriotisme prend une telle puissance qu’il résume en quelque sorte les sentiments des hommes de 1792, II est, selon la formule des officiers municipaux de la commune du Chàtelard, dans les Alpes, la « vertu publique (1) »— la vertu par excellence.
Tous ces sentiments donnent à l’idée de souveraineté une force considérable. C’est au nom de cette idée que l’Assemblée est poussée à agir sous la pression de l’opinion publique; les pétitionnaires sont membres du souverain, c’est à ce titre que leur voix se fait pressante; « sachez, disent-ils à l’Assemblée, que vous êtes les organes du souverain, que c’est à vous à faire exécuter ses volontés suprêmes (2) » — « faites-en valoir les droits, agissez en souvérain (3). »— « Frappez au nom du souverain (4). » C’est donc au nom de la souveraineté du peuple qu'ils demanderont la sanction des décrets, le rappel des ministres patriotes; toutes leurs prétentions ont un lien commun qui est la volonté de rendre «le peuple souverain (5).» Celui-ci s’est levé le Dix-Août parce que « sa souveraineté devenait illusoire », déclarent les citoyens de Paris et les fédérés (6).
On retrouverait tous cès aspects nouveaux des notions fondamentales après cette date (7); on peut donc affirmer qu’en
(1) Arch. nat. D xL. 6. 4. 7. Lettre des officiers municipaux de la commune du Châtelard [Condamine-Châtelard], district de Barcelonnette, (Basses-Alpes), transmis à l’Assemblée par le directoire du département, 29 février 1792.
(2) Arch. nat. D xr. 1. 2. 10. Adresse des citoyens Amis de la constitution de Soissons, 16 janvier 1792.
(3) Arch. nat. D xL. 6. 1. 1. Adresse des citoyens de la paroisse de Foissiat (Ain), renvoyée à la commission extraordinaire des Douze, le 16 juillet 117792: É
(4) Arch. nat. D xL. 14. 60. 44. Pétition des fédérés des trois districts de Falaise, Domfront et Argentan; renvoyée à la Commission extraordinaire des Douze, le 13 juillet.
(5) Arch. nat. D x. 7. 10. 9. Adresse des citoyens de Narbonne à l’Assemblée Nationale, 11 juillet 1792.
(6) Arch. nat. D xL. 14. 60. 98. Adresse des citoyens de Paris et des fédérés, renvoyée à la Commission extraordinaire des Douze, le 17 août 1792.
(7) V. pour l’idée de souveraineté : Arch. nat. D xz. 5. 22. 2. Pétition du
1792 la vie des vocables et, des idées qu'ils recouvrent est décuplée, tant est active la participation des pétitionnaires aux affaires publiques et décisive leur influence sur la marche des événements. Les circonstances ont provoqué une effervescence des idées qui forment la philosophie politique des révolutionnaires; à nouveau on se prend à les penser en les exaltant. Il est permis de croire que les effets de ce brassage furent si considérables, que nous avons peine à en mesurer la valeur. Le ministre Servan, après le Dix-Août, sondant avec inquiétude l’ampleur de cette activité, écrivait aux départements : «(Dans un moment comme celui où se trouve la France, la seule ou principale occupation des personnes chargées de la direction des mouvements est de régulariser les élans qu’inspirent l’amour de la liberté et l’égalité (1). » Une étape de la Révolution était franchie; le parler des pétitions en portait les signes dès avant la Journée du Dix-Août.
commissaire du roi près le tribunal criminel du département de la Creuse, Guéret 23 août 1792.
Arch. nat. D xL. 5. 81. 4. Pétition de la société des Amis de la liberté et de - l'égalité à Limoges, 31 août 1792.
Arch. nat. D xz. 6. 4. 5. Adresse du tribunal de district de Castellane, 17 août 1792:
Pour l’idée d'égalité : Arch. nat. D xL. 5. 9. 8. Adresse des citoyens de la commune de Rouvres-sous-Lignol (Aube), 16 septembre 1792. Arch. nat. D x1. 5. 4. 2. Lettre du tribunal du district de Barcelonnette, 9 septembre 1792.
Pour l’idée de patrie : Arch. nat. D xL. 5. 26. 3. Adresse du conseil général de la commune de Breteuil (Eure), 25 août 1792. Arch. nat. D xL. 5. 20. 3. Adresse de l’assemblée administrative du district de Dijon, 14 août 1792.
Pour l’idée de salut public : Arch. nat. D x1.5.17.1. Adresse du conseil du département du Cher en surveillance permanente, 16 août 1792. Arch. nat. Fi III. Nièvre. 6. dossier 1. Pétition d'habitants de la Charité, octobre 1792.
Pour l’idée d’unité : Arch. nat. D xL. 5. 4. 4. Procès-verbaux de l’assemblée administrative du district de Castellane, 2 septembre 1792. Pour l’idée de nation : Arch. nat. D x1. 5. 42. 1, Adresse des citoyens de la ville de Nantes à l’Assemblée, 20 août 1792.
Arch. nat. D xL. 5.138. 1. Adresse de la société des Amis de la constitution de Condé-sur-Noireau (Calvados), reçue le 20 août 1792.
(Arch/nat1D/x1#5165-18; He de SERVAN aux départements, Hveptembre 1792.