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LA CONSCIENCE POPULAIRE ET L'APPRÉCIATION : DES FAITS POLITIQUES

Adresser aux Assemblées des projets relatifs aux services publics, affiner le droit en contrôlant les actes des agents publics, collaborer à la mise en mouvement d’une nouvelle conception de l’État, — c’est là, l’aspect technique des pétitions. Celles-ci présentent encore un aspect politique qui complète le premier et auquel nous voudrions maintenant nous attacher.

Qu'il s’agisse de pétitions à but strictement politique, qu'il s’agisse de vœux de réformes juridiques qui accompagnent et complètent les vœux politiques, qu’il s’agisse de réactions psychologiques devant les événements, d’approbations, d’ordres donnés à l’Assemblée ou de critiques, l’importance de la fonction politique des pétitions est considérable par ce qu’elle nous révèle de l’esprit public, par le poids des facteurs collectifs qu’elle jette dans la destinée de la Révolution. Du même coup, ces textes, si on les considère dans leurs aspirations dominantes, complètent les aspects de l’idée d'utilité sociale que nous avons relevés. On a reconnu l’existence d’une utilité sociale qui s’entend de la recherche des axiomes politiques et de leur agencement dans la constitution, puis d’utilités publiques spéciales qui s’entendent de telle ou

telle réforme, et nous venons de rechercher les aboutissements des nouvelles conceptions de l’utilité sociale sur le plan des enchaînements logiques. Pour que ces réformes et ces méthodes prennent vie, il fallait encore que l’idée d’utilité sociale trouvât le substrat humain qui lui était nécessaire; autrement dit que se créassent des jugements collectifs, parfois un véritable consensus, en ce qui concerne l'interprétation des faits politiques.

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