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Le conflit du fait et de la liberté

Ces prétentions qui se fondent sur la Déclaration des droits sont combattues et les principes constitutionnels vont fléchir. Barnave (2), rapporteur du comité des colonies, déclare que la France s’est émue; des pétitions des ports et du commerce sont parvenues en grand nombre à l’Assemblée où leur effet se conjugue avec les mauvaises nouvelles envoyées de Saint- Domingue et de la Martinique. Il est temps de « rassurer les colonies sur leurs plus chers intérêts », car les colons ont vu dans l’application des décrets de l’Assemblée « l’anéantisse-

ment de leur fortune »; de plus, ces terres sont indispensables à la France. Aussi n'est-il plus question de l’universalité des principes de la Déclaration des droits et Barnave va raisonner in concreto, du point de vue du commerce et, comme il dit «de la position du moment ». La France possède des colonies, c’est un fait, (toutes les parties de notre existence sociale sont intimement liées avec la possession d’un grand commerce, avec celle de nos colonies. » Le débat consiste à savoir « si la perte subite de cés immenses ressources... ne serait pas un grand désastre pour la nation». Il précise qu’ «il s’agit de savoir surtout si, dans la position où nous sommes engagés, dans une révolution », les finances n’en seraient pas ruinées, si même, la constitution n’en serait pas renversée. Îl agite la menace du chômage ; si le commerce colonial tombe, c’est l’anéantissement

(1) Vigrvizze pes Essarrs ouvre de même son «Discours pour l’affranchissement des nègres » par le mot de liberté. Bibl. nat. Le2?. 1490. (2) Arch. nat. AD xvane. 118. 25. Rapport fait à l’Assemblée Nationale, le 8 mars 1790, au nom du Comité des colonies, par M. BarnaAve, député du Dauphiné.

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