Meinoirs of the life of sir H, Davy
l'hypothèse dans les sciences de faits 33
tère visiblement hypothétique des systèmes émis par quelques naturalistes contemporains.
La question de Tunité de Fespèce humaine est, au point de vue scientifique, un problème de classification. Ce problème ne peut être étudié sérieusement que par la comparaison de deux hypothèses : celle de l'origine unique et celle de l'origine multiple. Il s'agit de déduire les conséquences de ces deux suppositions et de les comparer aux faits observables. A cet égard, la base d'observation est bien vacillante encore. Ce qui le prouve, c'est qu'une partie du monde savant a passé brusquement de l'affijrmation que les hommes diffèrent trop les uns des autres pour descendre tous d'un même couple, à l'affirmation que les hommes et les animaux peuvent remonter à une même origine.
Il est des cas où les suppositions relatives aux classes sont susceptibles d'une démonstration immédiate et absolue. L'existence des gaz dont le mélange constitue l'air atmosphérique, et de ceux dont la combinaison forme l'eau, sont des vérités mises hors de doute par les expériences de nos laboratoires. De même, lorsqu'un horticulteur aura obtenu, en semant des graines prises sur une même plante, des variétés que l'on tenait pour des espèces diflférentes, il aura démontré que ces espèces crues diverses n'en sont réellement qu'une seule. Mais le cas le* plus général, soit en physique, soit en histoire naturelle, est que les hypothèses ne sont pas susceptibles d'une démonstration immédiate, mais passent, lorsqu'elles sont vraies, par les degrés d'une probabilité croissante. La théorie des ondulations lumineuses est généralement ad-
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mise, parce qu'elle est devenue de plus en plus probable^ tandis que la réduction de toutes les espèces végétales à un très petit nombre de types primitifs est un système qui n'est tenu pour vraisemblable que par un nombre limité de botanistes. Si ce système doit arriver à l'état de théorie démontrée, il ne pourra le faire qu'en parcourant une longue série de probabilités.
2"^ Recherche des lois.
Les lois scientifiques sont des formules qui expriment
le mode selon lequel s'accomplissent les phénomènes. Il est des lois très simples qui ne sont que la généralisation immédiate de l'observation. Le fait que tous les corps solides ou Uquides, à l'état Hbre, tombent sur le sol, est l'expression du fait général de la pesanteur. Galilée a découvert le mode précis de la chute des corps graves, ou la loi scientifique du phénomène, en étabUssant que les espaces parcourus sont proportionnels aux carrés des temps. Il informe ses lecteurs qu'il a découvert cette loi par la raison et qu'il l'a vérifiée par l'expérience *. L'emploi de la raison fut ici de déduire les conséquences de la théorie du mouvement accéléré ^. Mais, ce résultat rationnel étant obtenu, Galilée se garda bien de le considérer comme un théorème d priori; il ne le présenta au monde savant comme une vérité qu'après avoir vérifié par l'expérience ce qui n'était pour lui , jusqu'alors, qu'une conjecture mathématique. Il n'a pas établi sa loi
1. PoBtiUe al libro del Rocco. — Voir Conti * StotHa délia filosofia^ t. II, p. 339.