‹ La logique de l'hypothèseChapitre 17 sur 152 · Voir partie III, à Tarticle de la psychologie · texte numérisé non relu

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l'hypothèse dans les sciences de faits 39

puisque la possibilité de conséquents divers; les mêmes antécédents étant donnés, est l'idée même de la liberté. En ce cas, la question de la cause porte sur les déterminalions de telle ou telle volonté. On demande, par exemple, si le couronnement de Charlemagne par le pape Léon III, le 25 décembre de Tan 800, fut le fait d'une volonté du pape, inconnue de Charles , ou le résultat de la volonté de Charles lui-même*. Ce sont deux hypothèses portant sur la causalité d'agents libres.

Dans tous les ordres de faits où la liberté n'intervient pas, une cause est un antécédent dont un conséquent suit, selon une loi fixe, de telle sorte que lorsque la loi de succession est connue, l'antécédent étant donné, on peut déterminer le conséquent par une déduction logique. Trois corps étant donnés, par exemple, avec leurs masses «et leurs distances, si l'on fait abstraction des autres éléments de l'univers , le calcul établira avec certitude , d'après la loi de la gravitation, quels seront les mouvements de ces corps. Tels éléments chimiques étant donnés, on sait que, à tel degré de température, on obtiendra une combinaison connue. De tel germe organique, placé dans les conditions nécessaires à la vie, on peut dire à l'avance qu'il résultera telle plante ou tel animal.

Les causes ne sont pas des lois, et les lois ne sont pas des causes, quoi qu'en aient pu dire des philosophes inattentifs; mais la connaissance d'une cause réclame, pour être logiquement féconde, la connaissance de la loi

1. Voir le Sacre de Charlemagne à la fin des Souvenirs de L. Vulliemin. Lausanne, 1871.

(le son action. La présence d'un corps est une cause mécanique. Je ne puis rien déduire du fait de sa présence, si j'ignore la loi de la gravitation ; mais le corps et la loi sont deux choses parfaitement distinctes que Ton ne peut confondre sans tomber dans des erreurs philosophiques très graves.

En physique, on cherche Texplication des faits dans la présence d'un corps ou d'un mouvement déterminé. Un pan de mur tombe ; la question est de trouver la cause de sa chute. Un physicien suppose que le fait peut provenir d'un foyer de chaleur voisin. L'examen des lieux confirme sa conjecture; une barre de fer appuyée au mur est dilatée par l'action de la chaleur. La cause du phénomène est ici le mouvement du fer, dont la science du calorique fournit la loi. En 1846, M. Le Verrier suppose que certaines perturbations observées dans le mouvement de la planète Uranus proviennent de l'existence d'une planète inconnue, dont il détermine par le calcul la position probable; voilà l'hypothèse. Peu de temps après la publication dû travail de M. Le Verrier, M. Galle, astronome berlinois, découvre la planète supposée : l'hypothèse a obtenu de la sorte une confirmation immédiate et absolue. Si la planète n'avait pas été vue, son existence serait encore une hypothèse simplement probable.

La géologie fait un usage de l'hypothèse qui n'est pas plus nécessaire, mais qui est plus incontesté que celui qu'en fait la physique. Cette science cherche à déterminer les causes des phénomènes que le globe terrestre livre à l'observation. Arrêtons-nous à un seul fait, celui des

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