La circulation de la vie, tome II, p
l'hypothèse en elle-même 75
seulement des transformations du mouvement. La question | est de savoir si des agrégats purement matériels qui, dans certaines conditions, forment un cristal, peuvent, dans d^autres conditions, former une plante ou le corps d'un animal. C'est à Fétude attentive des faits à prononcer, et Ton ne saurait opposer à la thèse qui ramène la biologie à la physique aucune objection solide fondée sur les lois de la pensée et les données de la raison. Aussi longtemps que Ton demeure dans la considération exclusive du mouvement, toute transformation du mouvement est théorique* me nt adm issible. L'hypothèse de l'identité des phénomènes matériels et de la pensée est d'une autre nature. Dans le cours de ces dernières années, deux savants connus ont rappelé fort à propos cette vérité élémentaire. M. Robert Mayer^ s'adressant au Congrès des naturalistes allemands réunis à Inspruck en 1869, faisait observer qu'identifier la pensée à ses conditions matérielles est une erreur analogue à celle d'un homme qui, rendant compte des actions physieo-chimiques qui se produisent dans les fils du télégraphe, croirait avoir expliqué le contenu intellectuel (l'une dépêche *. M. du Bois-Reymond s'adressant, cinq ans plus tard, aux membres du Congrès de Leipzick, signalait avec beaucoup de force et de clarté « l'abîme infranchissable » qui sépare des phénomènes de la matière, non seulement les manifestations supérieures de la pensée, mais la plus simple des sensations, le plus élé- ; mentaire des faits de l'ordre spirituel *. La diversité des