‹ La logique de l'hypothèseChapitre 40 sur 152 · Productto?i virile du siècle, chap. ii · texte numérisé non relu

Productto?i virile du siècle, chap. ii

l'individu qui conçoit l'hypothèse 105

doive refuser d'écouter Aristote ; j'approuve au coiitraire qu'on le consulte et l'étudié ; mais ce que je blâme, c'est qu'on se livre à lui comme une proie, et qu'on souscrive en aveugle à toute parole de lui, acceptée sans discussion, comme un décret inviolable *. »

La voie que suit Galilée est assurément la bonne. Les annales de la science renferment un grand nombre d'idées dont les unes ont été reconnues certainement fausses, les autres certainement vraies; mais elles renferment aussi un grand nombre d'opinions qui demeurent à l'état de simples conjectures, l'expérience et le raisonnement n'ayant pas encore prononcé leur verdict définitif. Lorsqu'une de ces conjectures est marquée du sceau d'un homme de génie, elle acquiert par là même une importance spéciale. Passer en disant : Que m'importe ? à côté d'une opinion énoncée par Leibnitz ou par Newton, par Linné ou par Cuvier, dans l'ordre des études qui ont illustré ces savants, ce n'est pas l'indépendance de la pensée, c'est la fatuité de l'ignorance. Il en est de même des doctrines qui ont reçu l'adhésion d'un très grand nombre d'hommes compétents, lors même que ces hommes ne seraient pas des esprits de premier ordre. Le manque de respect égare souvent l'intelligence. De grands noms, un grand courant d'idées ne font pas que certaines doctrines aient de l'autorité dans le sens absolu du terme (c'était Terreur des scolastiques), mais indiquent des suppositions dignes d'un sérieux examen. En constatant la place de l'hypothèse, on se rend compte qu'il doit en être ainsi. Au point de vue de

Page 1