Édition Alberi, tome I, p
2. Joseph Bertrand, Les fondateurs de l'astronomie modei^ne, p. 261,
celui de Kopernik , mais il préfère ce dernier , parce ce qu'il est « plus simple et plus clair * ». Il est naturel de penser que la théorie du mouvement de la terre prévalut parce qu'elle rendait compte des phénomènes mieux que le système de Ptolémée ; mais, si Ton entendait par ce mieux l'explication de faits qui restaient inexpliqués dans, les théories précédentesr, on se tromperait. Dans un système comme dans l'autre, on expliquait tous les phénomènes. Mais la doctrine de Kopernik satisfaisait mieux le besoin profond de la raison orientée vers l'unité ^ . L'argument qui historiquement a fait le triomphe de cette théorie figure encore dans nos traités d'astronomie les plus modernes. Voici par exemple comment s'exprime M. Delaunay : « Le mouvement diurne peut être expliqué de deux manières diflFérentes : ou bien la terre est immobile et les étoiles se meuvent d'un mouvement commun de rotation, d'orient en occident, autour d'un axe qui passe à son intérieur; ou bien, au contraire, les étoiles ne se déplacent pas, et la terre tourne d'occident en orient autour du même axe. Dans l'un et l'autre cas, les apparences sont exactement les mêmes pour un observateur placé sur la terre. Examinons quels sont les motifs qui peuvent faire adopter une de ces
hypothèses de préférence à l'autre II est infiniment
plus simple et plus naturel d'admettre que ce mouvement diurne des étoiles n'est qu'une apparence due à la rotation dont la terre est animée autour d'un de ses diamètres *. »