‹ La logique de l'hypothèseChapitre 67 sur 152 · Hevu^ des cours scientifiques du 8 janvier 1870, p · texte numérisé non relu

Hevu^ des cours scientifiques du 8 janvier 1870, p

s'applique à une conséquence déduite de la manière dont on explique les faits. Voici comment M. Bertrand s'exprime à ce sujet : « Comment vérifier que la vitesse d'un corps pesant est proportionnelle au temps de la chute? Où prendre, pour la mesurer à chaque instant, cette abstraction que nous nommons vitesse et qui n'a de réalité que dans la pensée ? Il faut nécessairement transformer le principe et, dans la longue suite de ses conséquences, en trouver enfin qui soient accessibles à l'observation. Quand Galilée a montré que cette loi de vitesse posée à priori exige que les espaces parcourus soient proportionnels au carré du temps, et que la même loi doit s'étendre à la chute sur un plan incliné, il lui reste à constater qu'un trajet quatre fois plus long est accompli en un temps double, et les raisonnements ont transformé en épreuve décisive une expérience qui, faite à priori^ n'aurait fourni au contraire qu'un fait curieux, mais sans portée *. » Le même auteur dit d'une manière générale : «La vérification directe d'un principe est presque toujours

inaccessible à l'observation comme à l'expérience

Juger les principes par la vérification expérimentale des conséquences les plus éloignées, tel est le fondement solide de la science moderne 2. » Si l'on ne voulait admettre que les hypothèses immédiatement et directement vérifiables, la pensée, je le répète, resterait confinée dans la partie la plus élémentaire de la physique et de la chimie, et même ces parties inférieures du savoir humain auraient une marche languissante.

1. Les fondateurs de l'astronomie moderne, p. 262 de la 3« édition.

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