‹ La logique de l'hypothèseChapitre 78 sur 152 · Histoire naturelle expérimentale f Avertissement · texte numérisé non relu

Histoire naturelle expérimentale f Avertissement

là OÙ il n'y avait lieu qu'à des hypothèses » ; mais c'est là un détail perdu, un germe mort dans l'ensemble de sa pensée. Il croit que les procédés de travail qu'il indique établiront l'égalité des intelligences. Il atténue, presque jusqu'à la nier entièrement, la part individuelle de l'esprit du savant dans les découvertes, c'est-à-dire l'acte du génie qui est le caractère essentiel de tout progrès. « Notre méthode d'invention laisse bien peu d'avantage à la pénétration et à la vigueur des esprits; on peut dire même qu'elle les rend tous presque égaux; car, lorsqu'il est question de tracer une ligne bien droite ou de décrire un cercle parfait, si l'on s'en fie à sa main seule, il faut que cette main-là soit bien sûre et bien exercée, au lieu que si l'on fait usage d'une règle ou d'un compas, alors l'adresse devient tout à fait ou presque inutile ; il en est absolument de même de notre méthode * ». Il reconnaît si peu le principe directeur des hypothèses fécondes, principe qui, après avoir inspiré Kopernik, dirigeait les travaux de Kepler, qu41 relègue là recherche de l'ordre et de l'unité au rang des préjugés nuisibles. « L'entendement humain, en vertu (le sa constitution naturelle, n'est que trop porté à supposer dans les choses plus d'uniformité, d'ordre et d'égalité qu'il ne s'y en trouve en effet ; et, quoiqu'il y ait dans la nature une infinité de choses extrêmement différentes de toutes les autres et uniques en leur espèce, il ne laisse pas d'imaginer un parallélisme, des analogies, des correspondances et des relations qui n'ont aucune réalité ^. » Il ne s'agit pas ici de retenir dans de justes bornes les élans

Page 1